Épuration des Kasaiens au Katanga : les victimes croient en la justice pour les réparations

Bruxelles, 16 août 2026 (ACP).- Les associations des ressortissants du Kasai ont organisé, samedi au Parvis de la Basilique de Koekelberg à Bruxelles, la 34ème édition de la « Journée kasaïenne du souvenir » en mémoire des milliers de victimes de l’épuration ethnique survenue au Katanga en République démocratique du Congo, en 1992-1993.

« Depuis plus d’une dizaine d’années, le dossier relatif à ce drame est sur la table des instances internationales en qui nous avons confiance pour la reconnaissance du génocide survenu à cette occasion ainsi que les réparations y afférentes, de la même façon qu’elles ont reconnu les autres faits de la même nature », a révélé M. Dido Mulumba, responsable de FMI-PAD network spécialisé dans l’entreprenariat et organisateur de la rencontre.

La « Journée kasaïenne du souvenir » est organisée par les associations kasaiennes de la diaspora, pour honorer la voix de celles et ceux que l’histoire ne peut jamais effacer, en vue de transmettre cette mémoire aux générations futures et transformer la douleur en force, en unité et en espérance afin que de telles barbaries ne puissent se répéter, a-t-il expliqué.

Il s’agit, à cette occasion, de « supplier nos ancêtres à nous assister en ce moment solennel et nous rappeler toutes les victimes innocentes du Katanga, sans haine ni esprit de vengeance, qui risque de déboucher sur un cercle vicieux, mais dans l’unité, pour qu’à la sortie de cette journée chacun ramène chez lui l’amour et la paix dans la dignité pour œuvrer à construire un avenir porteur de paix ».

Plusieurs textes relatifs à l’épuration des Kasaiens ont été lus dans un climat de recueillement par Zadain Kasongo, co-organisateur de l’événement, notamment « Mwamba est mort », en souvenir de ce jeune homme tombé entre les mains de la milice de Gabriel Kyungu wa Kumwanza le 20 avril 1993, « simplement parce qu’il est Kasaien, parce qu’il n’avait pas le bon nom ou la bonne origine ».

L’auteur, José Tshisungu wa Tshisungu résidant au Canada, a relevé que « les tombes ne se referment pas, il faut le souvenir », ajoutant que « les morts ne nous demandent pas la vengeance mais la vérité pour refermer les tombes et arrêter la haine ». Il estime par ailleurs que les événements du Katanga appartiennent à un passé mal cicatrisé, car la trame a été les départs sans retour, des familles ont été séparées, des vies brisées aussi bien socialement qu’économiquement, et des enfants, des femmes, des morts abandonnés en route.

« Chaque fois que nous arrivons à cette date, nous nous rappelons et nous invitons à la vigilance, parce que régulièrement des spectres resurgissent », indique l’auteur cité par Zadain Kasongo. « C’est fort de ce constat que le devoir de mémoire devient intelligence », a-t-il affirmé.

La rencontre qui s’est clôturée par un dîner d’amitié, a connu la présence remarquée de Pie Tshibanda, auteur et comédien, de Nana Lukezo, chanteuse Gospel, ainsi que de plusieurs responsables d’associations œuvrant dans les secteurs de la culture et de la mémoire. ACP/

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