Espace Bandundu : une Commission mise en place pour résoudre le conflit Teke -Yaka

Kinshasa, 24 mars 2024 (ACP).- Une Commission technique a été mise en place samedi au ministère de l’Intérieur sur instruction du Chef de l’Etat,  pour une solution au conflit Teke-Yaka, dans l’espace Bandundu, dans l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a appris samedi l’ACP de source officielle.

« Le Chef de l’État m’a confié cette mission. Le but est d’échanger autour du conflit qui vous (Chefs traditionnels Teke et Yaka) oppose, d’en détecter la cause réelle et d’envisager une solution définitive », s’est adressé le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur aux chefs coutumiers des deux communautés.

Cette Commission qui sera dirigée par Peter Kazadi, vice-Premier ministre de l’Intérieur est constituée des représentants des chefs coutumiers Teke (Mai-Ndombe) et Yaka (Kwango), des notables des deux communautés, des membres du Cabinet du ministre de l’Intérieur, des  représentants de la Présidence de la République ainsi que ceux des autorités traditionnelles de la province du Kongo Central et de l’espace Grand Kasaï.

« C’est un forum de réconciliation, de paix. C’est pour que la paix revienne rapidement à Kwamouth et dans les autres territoires affectés », a indiqué Peter Kazadi.

« Nous avons perdu beaucoup de nos frères et sœurs, il est temps que nous fassions la paix (…) Ne soyons pas distraits par nos petits problèmes, le pays est en guerre. Soyons conscients de ce fait-là. Ce qui s’est passé est déjà passé. Qu’on n’entende plus parler des morts parmi vous », a-t-il insisté.

La parole a été accordée aux deux parties en conflit, qui ont donné à tour de rôle des explications détaillées, liées à leur conflit, avant de déposer chacune un  cahier des charges contenant leurs revendications.

Un petit comité mixte a été mis en place pour analyser les problèmes contenus dans les deux cahiers des charges et aplanir les divergences.

Revendications des deux camps

Les  Yaka ont suggéré notamment la libération de ceux de leurs membres en détention, le retrait et  remplacement des militaires par la Police dans leur espace ainsi que la réhabilitation de toutes les infrastructures endommagées au moment des affrontements.

Les Teke ont, de leur côté, recommandé la mise en place d’une Commission ad hoc d’enquête pour identifier les coupables et établir les responsabilités ; l’organisation des procès publics contre les auteurs des atrocités dans le plateau de Bateke ; le retour des chefs coutumiers Teke et de leurs populations dans leur terre et le désarmement de la milice « Mobondo ».

L’indemnisation des victimes et la prise en compte de la dimension coutumière avant la réconciliation entre les deux communautés (Des cérémonies ancestrales, dont la purification des terres), ont été également revendiquées.

Cette réunion a connu également la participation des délégués de la Présidence de la République, des chefs coutumiers de l’espace Grand Kasaï et de la province du Kongo Central ainsi que celle d’un représentant de la milice « Mobondo ».

Les discussions se sont poursuivies au siège du ministère de l’Intérieur, dans la commune de Lingwala, nord de Kinshasa.

Jeudi 22 mars , le Chef de l’Etat avait reçu à la Cité de l’Union africaine (Résidence officielle) une forte délégation des chefs coutumiers Teke et Yaka  , pour une mise en place « en toute urgence » d’une commission mixte chargée de résoudre le conflit ethnique opposant ces deux peuples de l’espace Bandundu depuis l’année 2022.

Un « litige foncier» est à la base de ce conflit dont les exactions ont eu pour conséquences le déplacement massif des populations vers Kinshasa, tueries et paralysie des transactions économiques entre la capitale et l’espace Bandundu, son grenier agricole.

ACP/

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