Est de la RDC : assistance humanitaire facilitée après des discussions  Gouvernement-AFC/M23

Kinshasa, 19 avril 2026 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo et la coalition rebelle M23-AFC se sont engagés à respecter leurs obligations afin de faciliter l’assistance humanitaire dans les territoires occupés dans l’est du pays, selon un communiqué du ministère qatari des Affaires étrangères publié samedi par la présidence congolaise.

« À l’issue des réunions tenues du 13 au 17 avril à Montreux, en Suisse, sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre de Doha pour un accord de paix global, les parties se sont engagées à respecter toutes leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés, le cas échéant », a-t-on lu dans le communiqué.

La source a également affirmé que les deux parties se sont engagées à s’abstenir de toute attaque, destruction, enlèvement ou mise hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile, notamment les denrées alimentaires, les terres agricoles destinées à la production de nourriture, les récoltes, le bétail, les installations et l’approvisionnement en eau potable, les ouvrages d’irrigation, ainsi que les infrastructures et la fourniture de services de télécommunications et d’énergie, de même que les hôpitaux et les écoles.

Ce communiqué, a renchéri la Présidence congolaise, émane de la Déclaration conjointe sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Protocole relatif à l’accès humanitaire et à la protection judiciaire entre le Gouvernement de la RDC et l’AFC/M23.

D’après la source, le Gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont reconnu l’importance cruciale d’assurer une aide humanitaire vitale aux populations de l’est du pays et ont réalisé des progrès substantiels en vue de la conclusion d’un protocole relatif à l’accès humanitaire et à la protection judiciaire.

« Les parties se sont engagées à respecter et à protéger les acteurs humanitaires, y compris les intervenants et les bénéficiaires locaux, ainsi que les biens utilisés dans le cadre des opérations de secours humanitaire, et à leur permettre d’opérer en toute sécurité », a indiqué le communiqué.

Par ailleurs, les parties ont reconnu que l’assistance humanitaire comprend, sans s’y limiter, « les activités et services liés à la fourniture de nourriture, de nutrition, de soins de santé, d’eau, d’assainissement et d’hygiène, d’abris, et à la garantie que la protection des civils demeure la priorité absolue pendant les hostilités ».

Cela inclut également « les activités de protection, notamment celles visant à prévenir et à combattre la violence, l’exploitation et les mauvais traitements infligés aux civils, en particulier aux femmes et aux enfants, et à promouvoir le respect du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme », a précisé la source.

Actualisation du répertoire  des ONG et organisations humanitaires

Dans ce cadre, le gouvernement congolais a particulièrement pris l’engagement d’actualiser son répertoire des organisations non gouvernementales et des structures d’assistance humanitaire opérant dans la partie orientale du pays.

« Le Gouvernement de la RDC a convenu de faciliter la création juridique rapide et efficace, ainsi que l’enregistrement et le renouvellement de l’enregistrement des organisations humanitaires, y compris les organisations humanitaires internationales et les ONG nationales et internationales opérant dans les territoires touchés par le conflit », a-t-on lu.

En outre, le communiqué a indiqué que les parties ont convenu de faciliter le passage et d’assurer la liberté de circulation du personnel, des biens et des convois humanitaires, suivant une cartographie prédéfinie des zones d’intervention et des corridors humanitaires prioritaires.

« Les parties ont également convenu de définir, en coordination avec le Cadre de consultations techniques (CCT) et le Cadre national de consultations humanitaires (CNCH), une cartographie harmonisée des zones d’intervention et des corridors humanitaires prioritaires », a-t-elle précisé.

Le respect, la protection et la facilitation d’une fourniture continue des services essentiels à la population civile, ainsi que la non commission de toute action susceptible de compromettre ces services et de faciliter l’accès de la population aux services sociaux de base (alimentation, eau, soins de santé) font également partie des engagement pris par les deux parties, selon le document.

Du 13 au 17 avril, des représentants du Gouvernement congolais, ceux du Mouvement du 23 mars (AFC/M23), ainsi que de l’État du Qatar, des États-Unis d’Amérique, de la République du Togo (en qualité de médiateur de l’Union africaine) et de la Suisse, se sont réunis à Montreux (Suisse) pour discuter du protocole relatif à l’accès humanitaire et à la protection judiciaire, conformément aux dispositions de l’Accord-cadre de Doha pour un accord de paix global entre ces deux parties, signé à Doha le 15 novembre 2025. ACP/C.L.

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