Kinshasa, 9 septembre 2025 (ACP).- La reconnaissance du conflit dans l’Est du pays comme étant un conflit armé international par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, a été saluée, mardi, par la République démocratique du Congo, à la 60ème session de cette structure onusienne à Genève, en Suisse.
«Je remercie le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour la qualité de ses rapports, qui confirme que le conflit dans l’est de la RDC est un conflit armé international, avec la présence avérée des troupes rwandaises, et qu’il n’est pas interne, mais alimenté par une agression extérieure menée par le Rwanda et ses supplétifs du M23, l’AFC», a déclaré le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, dans son mot introductif pour la partie congolaise.
Le chef de la délégation a, en outre, exprimé la volonté de son gouvernement de «répondre avec sérieux aux préoccupations exprimées dans les rapports et de poursuivre un dialogue consensuel et productif avec ce Conseil».
«Tous les crimes de masse et de nettoyage ethnique seront jugés. Les derniers en date remontent à juillet dernier où plus de 300 compatriotes ont été sauvagement massacrés dans le Rutshuru. Le rapport établi par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en dit long. L’ONG internationale Human Right watch a été plus précise en documentant de manière détaillée le massacre de près de 140 Hutus. Ceci porte le germe d’un ciblage éthique, point central du génocide. Celui de Kishishe en 2022 commis par les mêmes avec le même modus operandi», a poursuivi le ministre de la Justice.
«Le gouvernement continue d’assurer le monitoring de toutes les violations de droits de l’homme, qui continuent d’être perpétrées par les forces d’occupation, lesquelles ont installé une véritable gouvernance par le crime. La résolution S37-1 du Conseil des droits de l’homme condamnait ces violations et exigeait le retrait immédiat des forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’AFC/M23. Or, cette exigence reste lettre morte jusqu’à ce jour. La RDC appelle donc à l’opérationnalisation de la commission d’enquête indépendante, notamment par la nomination urgente des enquêteurs pour identifier les responsables et mettre fin à l’impunité», a pour sa part relevé Samuel Mbemba, ministre des Droits humains.

«Les FARDC sont une armée nationale et républicaine, soumise au droit international. Il n’existe aucun lien de commandement ni d’alliance politique entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et les FDLR. Bien au contraire, les instructions présidentielles, traduites en consignes opérationnelles, sont strictes et interdisent toute forme de collusion, tandis que des mesures disciplinaires comme judiciaires sont systématiquement engagées à l’encontre de tout élément soupçonné», a précisé le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, en complément de l’intervention de son collègue des Droits humains, Samuel Mbemba.
«Nous réaffirmons notre engagement à prendre toutes les mesures nécessaires contre tout élément des FARDC qui se compromettrait par des actes contraires aux valeurs républicaines, y compris par des poursuites judiciaires. Le gouvernement juge donc inappropriée toute tentative visant à établir une fausse symétrie entre, d’une part, une armée nationale redevable de ses actes et défendant la souveraineté du pays, et, d’autre part, un groupe armé subversif dont la stratégie repose sur la terreur, les crimes de masse et l’exploitation illégale des ressources naturelles, véritable raison de la guerre», a soutenu le porte-parole du Gouvernement. ACP/ODM

