Francophonie : Ottawa-Gatineau accueillera le 21 ème sommet en 2028, une opportunité stratégique pour le Canada et la RDC (Par John Lungila)

Kinshasa, 16 octobre 2026 (ACP)-Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, proclame 2028 « Année de la Francophonie » et annonce la mise en place d’un fonds de 500 000 dollars canadiens pour soutenir les activités liées à cet événement. Au-delà du rendez-vous diplomatique, cette désignation ouvre des perspectives de coopération économique, culturelle et commerciale entre le Canada et les pays francophones, notamment la République démocratique du Congo.

OTTAWA, CANADA — La région de la capitale nationale canadienne se prépare à accueillir un événement majeur de la diplomatie francophone. Ottawa, en Ontario, et Gatineau, au Québec, ont été désignées pour abriter le 21ᵉ Sommet de la Francophonie, prévu en 2028. Cette annonce, faite le 1ᵉʳ juillet 2026 par le premier ministre canadien Mark Carney, place le Canada au centre des préparatifs d’un rendez-vous qui réunira les représentants des États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

À la suite de cette désignation, le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a proclamé l’année 2028 « Année de la Francophonie à Ottawa ». Cette initiative vise à mobiliser les institutions, les organismes communautaires, les acteurs culturels, les entreprises et les citoyens autour de la langue française, de la diversité culturelle et des possibilités de rapprochement entre les communautés francophones.

Pour accompagner cette dynamique, le maire a également annoncé un engagement financier de 500 000 dollars canadiens destiné à soutenir des activités, des initiatives culturelles et des événements organisés dans le cadre de cette année thématique et du Sommet.

Cette mobilisation municipale donne une dimension locale à un rendez-vous dont la portée sera internationale. Elle traduit également la volonté de faire de la Francophonie un projet qui dépasse les cérémonies officielles, en associant davantage les populations et les forces économiques à la préparation de l’événement.

OTTAWA-GATINEAU, UNE CAPITALE AU CŒUR DE LA FRANCOPHONIE

L’accueil du 21ᵉ Sommet de la Francophonie constitue une première pour la région d’Ottawa-Gatineau. Située à la frontière de l’Ontario et du Québec, celle-ci offre un cadre symbolique pour illustrer la coexistence des deux langues officielles du Canada et la contribution des communautés francophones à la vie institutionnelle, économique et culturelle du pays.

Ottawa accueille les principales institutions fédérales canadiennes, tandis que Gatineau, située de l’autre côté de la rivière des Outaouais, fait partie intégrante de la région de la capitale nationale. Leur complémentarité représente un atout pour organiser une rencontre internationale consacrée aux relations entre les États, à la coopération multilatérale et à la promotion du français.

Le Sommet devrait également offrir une vitrine aux communautés francophones du Canada, notamment celles de l’Ontario et de l’Ouest canadien, ainsi qu’aux communautés issues de l’immigration francophone. Ces dernières contribuent à renouveler les expressions culturelles de la langue française et à renforcer les liens entre le Canada et les pays d’Afrique, d’Europe, des Caraïbes et d’autres régions du monde.

Pour Ottawa, la désignation représente aussi une occasion de mettre en valeur son patrimoine, ses institutions, son offre culturelle et son ouverture internationale. Les retombées potentielles dépendront toutefois de la capacité des organisateurs à associer les acteurs locaux aux préparatifs et à inscrire les initiatives engagées dans la durée.

2028, AU-DELÀ DE LA LANGUE, L’AMBITION ÉCONOMIQUE

Si la promotion du français demeure au cœur de la Francophonie, le prochain Sommet représente également une occasion d’accorder une place plus importante aux enjeux économiques.

Dans un espace qui rassemble des pays aux réalités démographiques, politiques et économiques diverses, la langue commune peut faciliter les échanges entre les entreprises, les institutions de recherche, les universités et les organisations professionnelles. Elle peut également contribuer à réduire certains obstacles à la communication et à favoriser l’établissement de partenariats transfrontaliers.

L’un des enjeux sera donc de transformer la visibilité internationale du Sommet en possibilités concrètes : développement des échanges commerciaux, promotion de l’entrepreneuriat, coopération universitaire, innovation technologique, formation professionnelle et création de débouchés pour les jeunes.

Les entreprises canadiennes pourraient notamment y trouver un cadre pour mieux connaître les marchés francophones, tandis que les entrepreneurs des pays membres pourraient présenter leurs projets, rechercher des partenaires et explorer de nouvelles possibilités d’investissement.

Cette ambition nécessitera néanmoins des mécanismes concrets. Des rencontres d’affaires, des forums sectoriels, des programmes de mise en relation entre entreprises et des initiatives de suivi après le Sommet pourraient contribuer à transformer les engagements diplomatiques en résultats mesurables.

L’enjeu ne sera donc pas uniquement de faire rayonner le français pendant quelques jours, mais aussi de construire des relations durables entre les économies qui partagent cette langue.

ACP/

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