Guerre dans l’Est : devant l’UE, la RDC réfute les contre-vérités du Rwanda

Bruxelles, 15 déc. 2025 (ACP).- Les contre-vérités du Rwanda justifiant sa présence dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été réfutées vendredi par un diplomate Congolais lors de son entretien avec la directrice exécutive des Affaires politiques au sein du Service européen de l’action extérieure (SEAE) de l’UE, selon un communiqué de l’ambassade congolaise remis lundi à l’ACP.

 « Les contre-vérités avancées par le Rwanda pour justifier la présence de ses troupes en RDC, à travers l’AFC/M23, à savoir: la maltraitance et autres sévices infligés à la minorité tutsie ainsi que la présence des éléments des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ne constituent rien d’autres que des prétextes »,  a indiqué Christian Ndongala, ambassadeur congolais au Benelux.

Réfutant ces contre-vérités, le diplomate congolais a expliqué à son hôtesse que  « la minorité tutsie n’est pas menacée en RDC. Un groupe de Banyamulenge, des Tutsis congolais, a fait le déplacement de Bruxelles il y a peu pour, justement, démonter cette argutie de Kigali ». « Plus encore, a-t-il soutenu, les Banyamulenge siègent dans toutes les instances de la RDC, tant au sein du gouvernement que dans l’armée voire dans les différentes entités législatives pour ne citer que ces institutions régaliennes ».

En ce qui concerne les FDLR, a poursuivi le chef de la mission diplomatique de la RDC au Benelux, « contrairement aux allégations de Kigali, loin d’être une réelle menace pour le Rwanda, la présence, résiduelle par ailleurs, selon des sources concordantes onusiennes, des FDLR en RDC a des conséquences sécuritaires et humanitaires plus lourdes pour les populations congolaises, victimes d’exactions et de crimes généralisés dans les parties où elles opèrent dans l’Est du pays et où elles sont enracinées, que pour le Rwanda ».

Le diplomate a aussi affirmé que la question des FDLR trouve sa réponse dans les différents accords signés entre la RDC et la Rwanda. Les deux pays ont réaffirmé leur engagement d’accélérer la mise en œuvre de l’Ordre d’opérations (Opord) afin d’appliquer le Concept d’opérations (Conops) visant à neutraliser les FDLR et à organiser le désengagement des forces rwandaises, incluant la levée par le Rwanda « des mesures défensives ».

Il a rappelé que dans l’Accord de Washington, il est stipulé clairement que la RDC et le Rwanda s’engagent à faire progresser l’ordre d’opérations. La RDC était en phase d’exécution de sa part des responsabilités au moment où le Rwanda avait lancé ses attaques sur Uvira.

En rappelant que la guerre dans l’Est de la RDC est profondément liée au pillage des ressources naturelles, notamment des minerais stratégiques (coltan, or, cobalt, etc.) qui alimentent le trafic illicite, l’ambassadeur de la RDC  a voulu en savoir un peu plus sur les moyens mis en œuvre par l’UE pour promouvoir le retour à la paix dans la région.

La rencontre a servi de cadre pour réaffirmer la volonté commune de renforcer les relations de partenariat entre la RDC et l’UE et d’aborder plusieurs sujets thématiques d’intérêt partagé, notamment la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, selon le communiqué.

Le SEAE est le service diplomatique de l’Union européenne chargé de gérer ses relations internationales et de mener sa politique étrangère. ACP/

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