Bunia, 05 mai 2026 (ACP).- Le retour de l’autorité de l’État a été présenté par le Représentant adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en charge des affaires humanitaires comme un élément essentiel pour ramener la paix en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.
Le diplomate onusien l’a indiqué à l’issue d’une audience lui accordée, lundi, par le lieutenant-général Johnny Luboya, gouverneur militaire de ladite province.
«C’est le retour de l’autorité de l’État, l’armée, la police, la justice, qui ramènera petit à petit la paix», a déclaré Bruno Lemarquis, au sortir de l’entretien.
Il a fait savoir que leur échange avec le gouverneur militaire a tourné autour de la situation sécuritaire, humanitaire, précisant le bon climat de collaboration avec les autorités provinciales.
M. Lemarquis a mis en avant l’efficacité du «Cadre provincial de concertation humanitaire», qui permet aux différents acteurs de «s’asseoir et trouver des solutions», tout en remerciant les autorités provinciales pour les efforts consentis afin de faciliter l’accès humanitaire, notamment à travers des interventions sur la route nationale 27 et la réduction de certains postes de contrôle.
Selon lui, la situation sécuritaire «s’est améliorée dans certaines parties», mais «reste sérieuse dans d’autres», notamment dans les territoires de Djugu et de Mahagi, où l’on compte encore environ 900.000 personnes déplacées.
Par ailleurs, le Représentant adjoint du Secrétaire général des Nations Unies a relevé qu’un nombre important de personnes déplacées ont regagné leurs milieux d’origine, particulièrement dans les territoires d’Irumu et de Mambasa.
«Ça crée de l’espoir quand les personnes retournent chez elles», a-t-il indiqué, appelant au renforcement des « solutions durables» pour favoriser la reprise des activités socio-économiques.
M. Lemarquis a également alerté sur la réduction des financements humanitaires à l’échelle mondiale.
«Les montants financiers disponibles sont bien inférieurs à ce qu’ils étaient en 2024», a-t-il déploré, précisant que cette situation affecte les agences des Nations Unies ainsi que les organisations non gouvernementales.
D’après les chiffres avancés, le plan de réponse humanitaire de 2,5 milliards de dollars en 2024 avait été financé à 51%, contre seulement 27% l’année suivante. Pour 2026, un plan révisé à 1,4 milliard de dollars n’est financé qu’à 33 % à ce jour.
«On est très, très, très sous-financés», a-t-il insisté.
Tout en remerciant les partenaires internationaux pour leur appui, il a appelé à un engagement accru en faveur de la RDC. « Tant que la paix ne revient pas, les besoins sont gigantesques ici en RDC », a-t-il conclu. ACP/ODM

