Bunia,11 avril 2026 (ACP).- Les cycles répétés de conflits armés en province de l’Ituri (Nord-est de la République démocratique du Congo) constituent la principale cause de la présence de mines antipersonnel, de véritables engins de mort qui continuent de briser des vies, a révélé vendredi à l’ACP une responsable engagée dans la lutte contre ce fléau lors d’un entretien.
« La province de l’Ituri, en particulier, reste fortement exposée. Exposée pourquoi ? (…) Chaque année, des vies sont brisées », a expliqué Mme Dorcas Furaha, coordonnatrice provinciale adjointe du Centre congolais de lutte antimines (CCLAM/Ituri).
Elle a dressé un tableau alarmant des conséquences humaines de ces engins explosifs.
« Des enfants perdent leurs membres en jouant dans les champs, dans les quartiers, là où la guerre est passée. On enregistre également de nombreuses blessures physiques et des traumatismes psychologiques qui pèsent lourdement sur la population », a-t-elle déploré.
Selon Mme Furaha, plusieurs familles sont aujourd’hui détruites à travers les quatre territoires de l’Ituri à cause des mines citant notamment les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa, Aru.
« À Aru également, certaines zones ont été piégées. L’ennemi y a placé des mines pour atteindre les populations en fuite depuis Djugu », a-t-elle précisé.
Face à ce danger permanent qui affecte la quasi-totalité de la province, Mme Furaha a laissé entendre que son organisation va intensifier de campagnes de sensibilisation afin d’alerter les populations sur les risques liés aux objets suspects.
« Toute l’Ituri est concernée par la sensibilisation. Une personne peut quitter Mahagi pour Mambasa sans être informée et se retrouver dans un champ miné. Nous insistons : face à un objet suspect, il ne faut ni toucher, ni manipuler, ni s’en approcher », a-t-elle martelé.
ACP/C.L.

