Kinshasa, 22 août 2025 (2025).- L’amélioration de la gouvernance de l’eau avec une meilleure coordination entre les services municipaux, les opérateurs publics et privés, a été recommandée vendredi par un scientifique pour prévenir les inondations à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans un entretien avec l’ACP.
«L’amélioration de la gouvernance de l’eau avec une meilleure coordination entre les services municipaux, les opérateurs publics et privés, et les communautés est essentielle. Enfin, l’éducation sanitaire, l’implication communautaire et des programmes de reboisement et de gestion des berges peuvent contribuer à restaurer la résilience des écosystèmes et à prévenir les risques d’inondations et de pollution future», a déclaré l’ingénieur Arsene Tunga Kuhana, Pr. à l’Université de Kinshasa (UNIKIN).
«Il est encore possible que des sections de rivières autour de Kinshasa soient utilisées pour la baignade, mais ce n’est pas sans risques sérieux. La sécurité et l’hygiène dépendent fortement du lieu, de la saison et de la surveillance locale», a-t-il ajouté.
Selon ce professeur, la pollution est le fléau le plus visible des rivières kinoises. «Déchets solides, eaux usées domestiques non traitées, rejets industriels et plus généralement une gestion urbaine encore précaire dégradent la qualité des eaux. Les latrines non reliées à des réseaux d’assainissement, les égouts à ciel ouvert et l’absence de stations d’épuration contribuent à une pollution qui se combine avec les pressions urbaines (densité de population, expansion informelle des quartiers, drainage insuffisant des eaux pluviales)», a-t-il déploré.
Par ailleurs, a poursuivi cet ingénieur, la présence de contaminants dans l’eau expose les populations à des maladies hydriques telles que la diarrhée, les infections intestinales et d’autres affections liées à l’eau insalubre.
Les écosystèmes aquatiques souffrent également de la diminution de la biodiversité, l’eutrophisation locale, la sédimentation accrue et la perturbation des habitats.
«L’insécurité sanitaire et l’insuffisance d’infrastructures d’assainissement nourrissent des inégalités sociales. Les quartiers les plus pauvres, souvent les plus proches des cours d’eau, portent le poids le plus lourd des risques sanitaires et économiques», a-t-il dit.
Les rivières influencent fortement l’économie locale et l’urbanisme. Les inondations saisonnières, la pollution persistante et l’exposition des habitants impliquent des coûts importants en termes de santé publique, de sécurité et de réhabilitation des zones touchées.
ACP/ODM

