Kinshasa, 9 juin 2026 (ACP).-Les étudiants de l’Institut National du Bâtiment et des Travaux publics (INBTP), ont été sensibilisés mardi sur la nécessité de la révision de la Constitution du 18 février 2006 par la Ministre de l’Enseignement Supérieur Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations (ESURSI), lors d’une cérémonie à Kinshasa (capitale de la République démocratique du Congo).
«Votre ministère de l’ESURSI organise du 10 au 12 juin 2026 un colloque national scientifique sur l’évaluation de notre Constitution du 18 février 2006 dans les pools de Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani Alors, vous devez être informés(…) c’est pour cette raison que je suis en train de faire l’ itinérance à travers nos établissements de la capitale. Et vous avez été sélectionnés pour que je mène la sensibilisation auprès de vous, ingénieurs ,espoir à venir de demain», a indiqué la professeure Dr Marie-Thérèse Sombo, Ministre de l’ESURSI.
«Je commence par l’article 5 de notre constitution. Que dit l’article 5 ? »Le pouvoir appartient au peuple, n’est-ce pas ? »vous êtes le peuple. Moi aussi je suis le peuple. Vos enseignants, les administratifs, sont le peuple.
À la seule différence, chez nous, en plus du pouvoir, nous avons les savoirs.
N’est-ce pas ? Et c’est pour cette raison que votre ministère a voulu récupérer le débat qu’il y a dans les réseaux sociaux dans la rue, pour le mener au niveau de notre secteur, où il y a des chercheurs, des enseignants, des savants, des étudiants qui sont la jeunesse et les futurs cadres de notre pays. Vous vivez la réalité du 21e siècle. Les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, les données numériques, les algorithmes. Vous êtes les premiers exposés aux transformations technologiques. Vous serez les cadres, les chercheurs, les ingénieurs de demain », a -t- elle ajouté.
En outre, la Ministre de l’ESURSI a signifié aux étudiants que l’évolution du contexte national, régional et international met en évidence de nouveaux défis liés à l’insécurité persistante dans certaines régions du pays, à la pression démographique, à l’urbanisation rapide, à la gouvernance des ressources naturelles stratégiques, à l’intégration régionale et continentale, aux enjeux climatiques et environnementaux, ainsi qu’aux difficultés observées dans la mise en œuvre de certaines dispositions constitutionnelles.
Face à ces défis, il apparaît opportun selon elle, d’engager une réflexion scientifique, rigoureuse et apaisée sur les acquis, les limites et les perspectives d’évolution de la Constitution du 18 février 2006 pour intégrer plusieurs préoccupations du peuple souverain dans son ensemble.
L’initiative de la Ministre saluée par le DG de l’INBTP
Par ailleurs le professeur Cedrick Tshibangu, Directeur général de l’INBTP a salué cette initiative de la Ministre de l’ESURSI sur la sensation de la communauté universitaire et scientifique de la RDC et l’organisation du colloque national scientifique pour débattre de cette question importante pour le pays.
«Votre présence, au sein de notre établissement, confère à cette activité une portée particulière. Elle traduit l’intérêt que le pouvoir public accorde à la jeunesse universitaire en tant qu’acteur essentiel du débat démocratique, partenaire du progrès social et force intellectuelle capable de contribuer à la consolidation de l’état de droit dans notre pays», a dit le Directeur général de l’INBTP.
Il a expliqué aux étudiants le rôle de cette perspective, l’évaluation de la Constitution qui ne doit pas être perçue comme un acte de contestation de l’ordre constitutionnel existant, mais plutôt comme un exercice intellectuel, scientifique et démocratique visant à examiner objectivement les résultats obtenus après plusieurs années d’application.
Il s’agit de déterminer si certaines dispositions ont pleinement atteint les objectifs poursuivis par les constituants de 2006 ou si des ajustements peuvent être envisagés dans l’intérêt suprême de la nation.
«Sur le plan politique, cette réflexion s’inscrit dans une dynamique de gouvernance participative. Les constitutions modernes tirent leur légitimité non seulement de leur adoption, mais également de leur capacité à répondre aux aspirations des citoyens. La participation de la jeunesse universitaire à ce processus révèle donc une importance stratégique», a -t- il poursuivi.
Pour sa part, M. Alfred Katunga, Coordonnateur des étudiants de l’INBTP, a plaidé à la Ministre de l’ESURSI d’octroi d’un numéro d’ordre des ingénieurs. Il a par cette occasion remercie le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour son implication à la réhabilitation des infrastructures à l’INBTP.
Il a salué le comité de gestion dirigé par le professeur Tshibangu pour avoir emboîté les pas en construisant des bâtiments sur fonds propres et d’avoir maintenu le climat de paix et la qualité de l’enseignement au sein de cet établissement public.
La Ministre de l’ESURSI a sensibilisé le même jour de mardi les étudiants de l’Université de Kinshasa (Unikin), de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) et la Haute École de Commerce (HEC) sur le même sujet de révision constitutionnelle, avant de clôturer la journée par la visite des infrastructures en construction à l’INBTP.
Elle a entamé cette série de sensibilisation lundi dans les établissements de Kinshasa.
ACP/Ngayama

