Kinshasa : l’ouverture d’un axe anthropologie du genre et de l’inclusion sollicitée à l’Unikin (thèse)

Brigitte Iyeli, auteure de la thèse

Kinshasa, 5 février 2026 (ACP).- L’ouverture d’un axe anthropologie du genre et de l’inclusion à l’Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo, a été sollicitée dans une thèse intitulé : « Femme avec handicap et vulnérabilité au VIH/Sida à Kinshasa, lecture socio-anthropologique  de la résilience comportementale », soutenue jeudi.

« Notre étude plaide pour l’ouverture d’un axe anthropologie du genre et de l’inclusion à l’Université de Kinshasa, dans ce sens que la thèse défendue  apporte  une contribution théorique  par la lecture genro-liminaire, une innovation méthodologique  par rapport aux concepts endogènes y compris approche ainsi qu’une portée opérationnelle  pour la prévention du VIH inclusive du handicap, politique du genre   et du handicap à travers un recensement des PVH », a déclaré Brigitte Iyeli, auteure de la thèse.

Selon la récipiendaire, le handicap tel qu’on le voit aujourd’hui, est une production sociale qui empêche la personne qui le porte à s’émanciper et à se développer. C’est dans ce cadre-là, selon elle, qu’on se retrouve dans une situation de liminalité où on mélange les représentations sociales qui stigmatisent, qui marginalisent.

« La femme avec un handicap, parce qu’il s’agit d’elle, développe des stratégies de survie, mais aussi de forme et de résilience. Malheureusement, il y a des résiliences qui réussissent à lui procurer une autonomisation, mais il y a, pour la plupart des cas, une résilience, qui est paradoxale, qui la ramène à des risques de santé, précisément pour le cas du VIH, comme je l’ai abordé dans mon travail », a-t-elle indiqué.

La récipiendaire a recommandé à chacun, là où il se trouve, dans tous les secteurs qui s’affairent, à contribuer au développement du pays, pour le cas d’espèce, au développement des personnes vivant avec handicap  et de la femme vivant avec le VIH-Sida. Parce que, a-t-elle affirmé, ces femmes ont des réalités vraiment spécifiques à elles-mêmes  qui demandent une attention particulière.

« C’est dans ce cadre que j’ai même proposé des politiques genre et handicap en même temps, pour s’occuper de la question du handicap au féminin dans notre pays » a-t-elle renchérit.

Pour sa part, Joel Ipara, anthropologue, professeur ordinaire à l’Université de Kinshasa et promoteur de la thèse, a fait savoir que l’intérêt scientifique de cette thèse est de montrer que la femme vivant avec un handicap requiert une potentialité énergétique sur le plan social, sur le plan intellectuel, même sur le plan de la créativité.

C’est cette énergie, selon lui, qui est capable de pouvoir fonder en elle une certaine autonomie qui peut lui permettre d’exister en tant qu’individu, une personne, une femme à part entière et être utile à la société.

Pour ce scientifique, en effet, le handicap dans la société est une condition qui empêche ou qui limite une personne à pouvoir être utile.

« Et c’est cette perception ou cette définition qui a été déconstruite par la thèse que nous présente la docteure Brigitte Iyeli pour montrer que le handicap est un allant de soi et qu’on peut trouver des solutions lorsqu’on a les mêmes capacités à pouvoir rendre un service à la nation, soit dans l’administration, dans n’importe quel domaine », a-t-il déclaré.

A l’en croire, le récipiendaire a établi un pont entre ces axes évoqués dans sa thèse dont la vulnérabilité, le handicap, ainsi que ViH/ Sida et l’anthropologie.

Généralement, a dit le professeur Ipara, lorsqu’on est porteur d’un handicap, on est limité par sa mobilité. On est assujetti au poids de la société et c’est cette manière de faire ou d’agir qui constitue, en quelque sorte, un handicap encore majeur, un handicap social.

« Donc la thèse de Brigitte nous permet au moins de comprendre que même si on est frappé par un handicap, on ne devrait pas avoir un comportement insatisfait », a-t-il insisté.

Après débat et délibération à huis-clos, Mme Brigitte Iyeli a été proclamée  Docteure en Anthropologie avec mention « la plus grande distinction ».

ACP/C.L.

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