Kikwit,15 février 2026 ( ACP)- Pour le visiteur, le touriste, le voyageur ou même le natif ayant quitté le terroir, il y a deux décennies ou plus , le choc est frontal !
Kikwit, importante ville de l’ouest de République démocratique du Congo, jadis figée dans les souvenirs langoureux d’une cité provinciale calme a opéré une mue spectaculaire.Sous l’œil admiratif des envoyés spéciaux de l’ACP, » la ville économique du Kwilu » dévoile un nouveau visage, entre modernité asphaltée et dynamisme marchand.
Un paysage urbain transfiguré
Le changement le plus saisissant réside dans la structure même de la Cité. Le grand boulevard autrefois une simple artère en terre battue poussiéreuse et plein de caillasses a cédé la place à un asphalte noir et rubané. Le long de cette colonne vertébrale, le secteur privé a pris d’assaut l’espace : polycliniques assez modernes, hôpitaux privés, pharmacies et magasins s’achalendent désormais sans discontinuer, offrant ainsi une vitrine commerciale qui n’a plus rien à envier à certains quartiers de la ville de Kinshasa. Même l’hôtellerie a suivi la cadence ou le rythme endiablé . En effet, l’emblématique « Hôtel Takizala » qui trônait en maître absolu, à l’époque du Maréchal Mobutu Seseko et dans lequel ses puissants caciques logeaient appartient désormais à l’histoire, mieux au passé glorieux !
A l’heure qu’il est de nouveaux établissements luxieux dotés de standards internationaux, ont surgit du sol, offrant confort et prestige aux passagers en transit vers le Grand Kasaï.
Un civique exemplaire
Ce qui frappe les observateurs à Kikwit, au-delà du bâti, c’est aussi la salubrité. Contrairement à de nombreuses agglomérations du pays, Kikwit brille par sa propreté. Les caniveaux sont presqu’exempts de bouteilles plastiques et les immondices ne jonchent pas les rues. Les envoyés spéciaux de l’Agence Congolaise de Presse ont noté avec curiosité la propreté méticuleuse des »Wewa »(motocyclistes). Bien qu’ils constituent le principal mode de transport face à la rareté des taxis quelque peu sporadiques, leurs engins restent d’une netteté exemplaire malgré une circulation permanente de 24 heures sur 24..
Le défi de l’énergie : l’ombre avant la lumière de Kakobola
Malgré cet éveil, une ombre subsiste : L’obscurité. Kikwit attend encore et toujours avec impatience le raccordement au barrage hydroélectrique de Kakobola, projet intégrateur qui doit relier Kikwit -Gungu et Idiofa. En attendant cette évolution énergétique, la ville vrombit au son des groupes électrogènes, privilèges des nantis et des opérateurs économiques. Le déficit énergétique n’étouffe pourtant pas la vitalité économique. Passage obligé vers Tshikapa et le Katanga, Kikwit confirme toujours son statut de grenier agricole de Kinshasa tout en voyant le coût de la vie grimper. « Les matériaux de construction ( ciment, barres de fer etc) , selon Mme Miriam Bisumu , consultante des projets à Kikwit, se négocient désormais à des prix avoisinant ceux de la capitale, signe d’une demande immobilière en pleine explosion.
Une population laborieuse et disciplinée
Loin des clichés des tapages nocturnes ou du désordre urbain, l’habitant de Kikwit se distingue par son ardeur au travail. Dans une atmosphère de calme relatif, les citoyens sont absorbés par leurs emplois ou par la « débrouille » quotidienne. C’est une ville qui ne dort pas mais qui travaille en silence, consciente de son rôle de carrefour stratégique entre l’Ouest et le Sud du pays. Kikwit n’est plus seulement une ville de passage mais c’est une métropole en pleine renaissance qui, une fois-ci éclairée par Kakobola, promet de devenir l’un des pôles de développement les plus dynamiques de la République Démocratique du Congo.

