Kinshasa, 26 avril 2026 (ACP).-La perception des Universités publiques congolaises sur l’interdiction de la vente des syllabus, a fait l’objet d’un mémoire d’études approfondies (DEA), a appris l’ACP dimanche d’un entretien avec le récipiendaire à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
«Toute réforme aussi pertinente soit-elle peut devenir source de crise dès lors qu’elle est mal comprise, partant de ce constat , notre travail s’articulant sur la perception des universités publiques congolaises sur l’interdiction de la vente des syllabus a entraîné une crise car ladite vente constituait un moyen pour nombreux enseignants de compenser un salaire jugé insuffisant, dès lors supprimer cette pratique sans proposer l’alternative ne pouvait que susciter des résistances et des incompréhensions », a déclaré Nana Ngandomwali, doctorante en Sciences de la communication, auteur de cette étude.
Selon Mme Ngandomwali, cette étude s’inscrit dans le champ de la communication des organisations, en particulier dans les approches de la communication de crise. Ces approches mettent en évidence le rôle central de la communication dans la gestion des situations sensibles, notamment dans la relation entre les institutions et leurs parties prenantes
D’après Mme Ngandomwali, la vente de syllabus, une pratique largement répandue dans les Universités congolaise faisait partie intégrante du fonctionnement académique, son interdiction par l’autorité de tutelle a introduit, par conséquent, rupture brutale dans les habitudes établies. Cette rupture n’a pas seulement été administrative, mais également symbolique et sociale affectant les enseignants, les étudiants et le personnel administratif.
L’importance de l’étude
Pour la doctorante, cette étude a permis de comprendre que dans le contexte des universités publiques congolaises, une réforme ne se limite pas à son contenu, mais se joue également dans la manière dont elle est communiquée et perçue.
Selon l’auteur, l’interdiction de la vente de syllabus bien qu’animée par une volonté d’équité, a révélé les limites d’une communication insuffisamment structurée et peu participative. Elle a ainsi mis en évidence que toute décision, pour être acceptée doit être accompagnée d’un dispositif communicationnel clair, inclusif et adapté aux réalités des acteurs
Cette étude invite les autorités universitaires à repenser leurs stratégies de communication en privilégiant davantage le dialogue, l’anticipation et l’implication des parties prenantes afin de transformer les situations de tension en opportunité de renforcement de la confiance institutionnelle. ACP/C.L.

