Kinshasa, 17 mars 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo a été retenue comme premier pays vitrine de la mise en œuvre du volet investissements d’un projet européen du secteur minier, avec une enveloppe de 17,8 millions d’euros alloué, a annoncé mardi à Kinshasa, son coordonnateur lors de la cérémonie de lancement.
«La RDC est de très loin le premier pays vitrine. C’est-à-dire que la RDC va bénéficier de 17,8 millions d’euros, alors que le suivant, l’Afrique du Sud, ne bénéficie que de 3,8 millions d’euros. Donc ça montre l’accent qui est mis au travers de ce projet +PanafGeo+ qui est un projet continental, l’accent qui est mis spécifiquement sur la République démocratique du Congo aujourd’hui», a déclaré Jean-Claude Guillaneau, coordonnateur du projet.
Il a précisé que l’UE a prévu un montant global 45,5 millions d’euros pour exécuter ce projet destiné à toute l’ Afrique, avec 6 millions réservée uniquement à la digitalisation musée royal d’Afrique centrale.
«C’est un projet continental qui comporte trois composants. Un composant partenariat entre les services géologiques européens et les services géologiques africains. Un composant formation qui est le composant historique de +PanAfGéo+ et au travers duquel on a formé 1.773 experts africains dans tous les domaines des géosciences. Et enfin le nouveau composant qu’on lance spécifiquement aujourd’hui qui est sur les investissements, en cherchant à réaliser des dizaines d’investissements sur les métaux critiques en Afrique, aussi bien au niveau minier qu’au niveau du traitement et de la valeur ajoutée. Et en n’oubliant pas la mine artisanale qui représente des milliers d’emplois en RDC et des dizaines de milliers en Afrique en général», a-t-il expliqué.
Un projet qui va au-delà de la simple mission de cartographier les minerais
De son côté, le chargé d’affaires de l’UE en RDC, a affirmé l’engagement de son organisation à la concrétisation de ce projet, dont l’utilité va au-delà de la simple mission de cartographier les minerais.
«Le projet +Panaf Géo+ est un élément essentiel et concret du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et l’Union européenne et ses États membres. Il soutient les services géologiques nationaux, promeut l’harmonisation des données, des fondations essentielles pour les ambitions d’aujourd’hui. Cet engagement est axé sur la facilitation des investissements, l’intelligence stratégique, le développement des projets concrets. Il ne s’agit pas seulement de cartographier les minerais, mais de cartographier des opportunités», a indiqué Fabrice Basile.
«C’est en cela que les fenêtres nationales qui s’ouvrent en RDC, en Namibie et en Afrique du Sud serviront de pilote pour une collaboration approfondie entre l’Union européenne et l’Afrique», a-t-il ajouté, avant d’insister sur les effets positifs des investissements miniers attendus dans ce projet, entre autre, la prospérité des populations issues des milieux extractifs des minéraux critiques, conformément à la stratégie Global Gateway de l’UE.
«Les matières premières critiques dont nous parlons aujourd’hui, cobalt, cuivre, lithium et autres, sont des piliers de la transition verte et numérique pour nous tous. La richesse de ces minerais doit se traduire par une prospérité pour les Congolais et les Africains. C’est pourquoi +Panaf Geo+ intègre la diligence raisonnable, des approches sensibles au genre, l’engagement de la société civile», a soutenu le chargé d’affaires européen.
Pour lui, les acteurs impliqués dans ce projet doivent s’investir pour le succès de ce nouveau volet, particulièrement les pays de l’Europe qui doivent se préparer pleinement.
«Au cours des trois prochains jours, nous approfondirons les mécanismes de facilitation des investissements, l’intelligence stratégique, les pipelines de projets sur les matières premières critiques. Nous discuterons la fenêtre nationale de la République démocratique du Congo, nous explorerons les mécanismes financiers et surtout, nous forgerons des partenariats qui transformeront le potentiel géologique en un développement tangible», a-t-il dit en substance.
Par ailleurs, M. Basile a rappelé que la transparence et le partage des données ne sont pas de simples exigences techniques, mais plutôt des outils de confiance entre gouvernement, investisseurs et communautés.
«C’est pour cette raison que nous annonçons aujourd’hui, en partenariat avec la Belgique, qu’un financement additionnel est prévu pour finaliser la digitalisation des archives géologiques de Tervuren dans les meilleurs délais. Un signal fort de cette coopération entre États et institutions», a-t-il conclu.
ACP/ODM

