Kinshasa, 17 août 2026 (ACP).- Une analyse objective des causes des phénomènes de crises en République démocratique du Congo, plus précisément dans l’Est, est suggérée au menu du dialogue national pour assurer son efficacité à rétablir la paix en RDC, selon une réflexion menée par un député national parvenue lundi à l’ACP.
« Depuis trois décennies, la RDC a connu moult dialogues et accords. Souvent, ils se soldent par une paix éphémère sans refermer le cycle des crises, en particulier dans l’Est du pays. Ainsi, cette réalité invite à regarder au-delà du dialogue lui-même, vers une paix effective et les prémices d’un État durablement stable. Il faut, à cet égard, analyser de manière critique et objective les causes, les phénomènes plutôt que les conséquences, les épiphénomènes de la crise multiforme que traverse notre pays », a-t-on lu dans ce document signé par Théo Ngwabidje, élu d’Idjwi.
«La vocation du dialogue doit être définie en amont. Il doit porter sur les principales dimensions de la crise nationale : la dimension politique, en vue de réduire le déficit de confiance entre gouvernants et gouvernés ; la dimension sécuritaire, afin de bâtir une armée et une police républicaines, modernisées et dissuasives, capables d’assurer la sécurité et la protection durable de la République», a poursuivi la source.
Selon l’ancien gouverneur du Sud-Kivu, la dimension économique et sociale va intervenir pour promouvoir une gouvernance stratégique des ressources naturelles au service de l’émergence de la RDC, de la prospérité et du bien-être du souverain primaire, le peuple congolais.
«La dimension morale et civique, fondée sur la dignité humaine, le patriotisme, le bien commun, la justice, la transparence et la redevabilité, vise à favoriser la paix, renforcer la cohésion nationale, dégager un consensus sur certaines réformes ou poursuivre plusieurs de ces objectifs. Plus les objectifs sont clairs, plus il est aisé d’éviter les malentendus et de mieux évaluer les résultats», a-t-il soutenu.
Le député a indiqué que dans ce dialogue, le premier succès ne sera pas l’accord final, mais la participation des principaux acteurs, pour éviter le « Bis repetita » des consultations politiques ayant précédé la formation du Gouvernement Suminwa II.
«Ce principe ne compromet pas les leviers du Gouvernement : inviter un acteur ne garantit pas d’accéder à ses desiderata. En revanche, une participation large renforcera la crédibilité du processus», a-t-il dit.
Par ailleurs, le député a souligné qu’il faudrait mettre le peuple congolais, souverain primaire, au centre du dialogue.
«Plus qu’un nouveau communiqué final, ce qu’attendent les victimes du Sud-Kivu, du Nord-Kivu ou de l’Ituri, c’est regagner leurs toits, circuler librement, cultiver leurs champs, envoyer leurs enfants à l’école, accéder aux soins (…) retrouver la normalité. Le succès du dialogue sera apprécié sur cette base-là», a-t-il fait savoir.
Quelques recommandations pour la réussite du dialogue national
Pour parvenir aux résultats escomptés, l’élu d’Idwi a précisé qu’il faudrait distinguer dialogue et adhésion, ne pas fixer trop tôt des lignes rouges, prendre en compte le rapport de force réel, privilégier un accord acceptable, anticiper la mise en œuvre.
Le président Félix Tshisekedi a annoncé le 17 juillet 2026 le principe de l’organisation d’un dialogue national inclusif en RDC.
Ce processus, en cours de préparation par une commission de travail, vise à décrisper les tensions politiques, faire face à l’insécurité dans l’Est et aborder les réformes institutionnelles.
ACP/ STJ

