L’armée rwandaise et le M23/AFC imposent des «persécutions inédites» aux activistes et journalistes (Cheffe de la Monusco)

Kinshasa, 09 septembre 2025 (ACP).- L’armée rwandaise et le M23/AFC imposent des «persécutions inédites» aux activistes et journalistes, dans l’Est occupé de la République démocratique du Congo, a révélé mardi à Genève en Suisse, la Cheffe de la Mission onusienne en RDC (Monusco) au Conseil des Nations Unies aux droits de l’Homme.

«Les abus des droits humains, avec notamment une multiplication des cas de détentions arbitraires, dans des zones sous contrôle du M23/AFC restent préoccupantes. Les acteurs de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes font l’objet de persécutions inédites», a déclaré Bintou Keita, lors de la 60ème session du Conseil des droits de l’homme.

«Dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, la Monusco continue d’abriter des civils dans ses bases à Goma, et à appuyer la protection de centains de défenseurs des droits de l’homme, des activistes de la société civile et des journalistes», a-t-elle ajouté.

Bintou Keïta a indiqué, en outre, que malgré les défis sécuritaires, la Mission onusienne continue de jouer un rôle crucial dans la protection des civils en Ituri et au Nord-Kivu, deux provinces du nord-est et de l’est congolais en proie aux violences causées par les groupes armés.
«En 2025, la Mission a renforcé ses patrouilles dans les zones à haut risque, facilité le retour de déplacés dans certaines localités, et soutenu la lutte contre l’impunité», a-t-elle fait savoir.

Selon Mme Keïta, au cours de deux derniers mois, les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe terroriste d’origine ougandaise, ont multiplié des attaques contre les civils au Nord-Kivu et en Ituri, causant la mort de 152 civils dont des femmes et des enfants sur la période de juillet à août.
«La situation des victimes de violences sexuelles, particulièrement celle des femmes et des filles, me préoccupe profondément, car le nombre de cas augmente tandis que l’assistance ne fait que diminuer», a-t-elle déploré devant le Conseil des droits de l’homme, avant de conclure: «La situation humanitaire n’est guère meilleure. Plus de 8 millions de personnes déplacées peinent à recevoir l’assistance humanitaire à cause de l’insécurité et du manque des ressources. Et l’on déplore la perte d’au moins 13 travailleurs humanitaires depuis janvier 202».
ACP/ODM

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