Kinshasa, 12 octobre 2026 (ACP).- La nécessité de procéder à l’encadrement de la profession de journaliste en République démocratique du Congo, a évoqué lundi par le ministre de la Communication et médias, lors d’une table ronde nationale sur la sécurité et la responsabilité organisée à Kinshasa, la capitale.
« Si nous n’arrivons pas à établir une délimitation entre ceux que nous voulons protéger et qui doivent évoluer dans un environnement bien encadré, nous risquons de perdre de vue ceux qui sont les plus suivis et les plus entendus », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias.
Il a rappelé que, lors des États généraux de la Communication et des médias, le gouvernement s’était engagé à mener un combat en faveur de la dépénalisation des délits de presse.
« Nous voulions faire un pas dans cette direction, mais nous rencontrons toujours des problèmes. Malheureusement, ceux-ci concernent souvent des personnes qui exercent des métiers apparentés, plutôt que des journalistes au sens strict de la définition légale », a-t-il expliqué.
Selon lui, la transversalité du journalisme rend parfois difficile la distinction entre les professionnels de la presse et les autres intervenants dans les médias, précisant que des avocats ou d’autres spécialistes peuvent notamment intervenir comme chroniqueurs à la télévision sans être nécessairement journalistes au sens strict.
Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer la crédibilité de la profession et de mieux définir les personnes devant bénéficier des garanties liées au statut de journaliste.
La liberté de la presse n’est pas une immunité
Christian Bosembe, président du CSAC
Pour sa part, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a rappelé que la liberté de la presse ne confère aucune immunité aux journalistes en cas d’infraction.
« Être journaliste ne signifie pas être au-dessus de la loi. Un journaliste qui commet une infraction doit, comme tout citoyen, répondre de ses actes dans le respect de la loi et des garanties judiciaires », a-t-il déclaré.
Il a également souligné la difficulté de la mission du CSAC, qui consiste à réguler les médias sans tomber dans la censure.
Selon lui, les critiques adressées à cette institution illustrent les tensions liées à l’exercice de sa mission. Il a toutefois réaffirmé la nécessité de poursuivre ce travail dans le respect des principes de régulation.
La carte de presse comme document de référence
De son côté, le premier vice-président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Cyril Kileba, a sollicité l’implication du gouvernement pour faire reconnaître la carte d’identité professionnelle comme document de référence dans l’identification des journalistes et assimilés.
« Nous sollicitons l’implication du gouvernement afin que les services compétents de l’État reconnaissent effectivement la carte d’identité professionnelle comme document de référence pour l’identification des journalistes et assimilés exerçant dans un État démocratique », a-t-il déclaré.
Un cadre de dialogue pour protéger les journalistes
Par ailleurs, le secrétaire général de l’ONG Journaliste en danger (Jed), Tshivis Tshivuadi a proposé la mise en place d’un mécanisme de dialogue réunissant les différentes parties prenantes afin de prévenir les atteintes à la liberté de la presse et d’y apporter des réponses rapides. Ce dispositif vise notamment à faciliter les alertes, à prévenir les agressions contre les professionnels des médias et à favoriser une réaction rapide des autorités compétentes.
Il a également rappelé l’engagement du Président de la République à promouvoir les médias pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle de « quatrième pouvoir », soulignant que cette démarche nécessite des garanties concrètes de sécurité pour les journalistes, notamment contre les arrestations arbitraires et les agressions, ainsi qu’une justice capable de poursuivre les auteurs de ces actes.
ACP/Y/Kal.

