Le Président Tshisekedi conditionne les prochaines élections à la libération des territoires occupés

Kinshasa, 6 mai 2026 (ACP).- Le Président de la République démocratique du Congo a conditionné l’organisation des prochaines élections à la libération des territoires occupés dans l’est du pays par le Rwanda, lors d’un point de presse tenu mercredi à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa.

« Sauf situation contraignante comme celle d’aujourd’hui, celle de la guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028. Mais ce ne sera pas parce que j’ai refusé de les organiser. On ne va pas les organiser sans le Nord et le Sud-Kivu », a déclaré le Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Il a justifié cette position en la comparant à des contextes de guerre similaires, notamment celui de l’Ukraine.

Devant la presse nationale et internationale, le Chef de l’État a également rejeté les accusations l’imputant de vouloir entretenir la guerre dans l’est du pays.

Le dialogue national jugé non prioritaire

Évoquant la question du dialogue national, le Président Tshisekedi a estimé que cette option n’était pas prioritaire pour résoudre la crise sécuritaire dans l’est.

« Donnez-moi une garantie que si je convoque des compatriotes pour un dialogue inter-congolais, la guerre prendra fin. Donnez-moi une seule garantie et je m’y mettrai. Croyez-vous vraiment que le fait de réunir des Congolais à Kinshasa ou ailleurs suffira pour que le Rwanda comprenne le message et retire ses troupes ? Cela n’a pas de sens », a-t-il déclaré, affirmant que les acteurs impliqués dans le conflit ne renonceraient pas facilement à leurs intérêts économiques liés aux ressources du pays.

« Donc, cela veut dire qu’on va se retrouver ici pour un dialogue, avec des attentes de participation à un gouvernement, etc. Mais pensez-vous qu’après cela, les Rwandais partiront ? Leur économie est basée sur ces pillages. Ils se battront jusqu’à la dernière énergie avant de quitter le territoire de ce pays », a-t-il insisté.

Troisième mandat et changement de la constitution ?

Une vue du Président Tshisekedi et les journalistes présents à la conférence de presse

Durant cette conférence, deux questions majeures ont été abordées ; à savoir : les accusations de volonté de briguer un troisième mandat et la problématique de la révision constitutionnelle.

Bien qu’il affirme ne pas solliciter un troisième mandat, le Président de la RDC, affirme qu’il y serait favorable si le peuple le lui demandait, afin de poursuivre la transformation du pays.

« Et donc, je pense que c’est dans cette optique qu’il faut regarder les choses. Qu’est-ce qui est bien pour nous dans cette Constitution ? Faut-il la garder ou pas ? Qu’est-ce qui nous interdit de nous pencher dessus ? Ce qu’il ne faut pas faire, c’est lier cet exercice à un troisième mandat. Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai », a-t-il déclaré.

Le Chef de l’État a indiqué vouloir léguer à la République, et à son successeur, un texte fondamental adapté aux réalités actuelles du pays, une démarche qu’il dit être également soutenue par certains partenaires internationaux, notamment américains.

« Les américains nous ont exigé certaines réformes au niveau de la justice. Ces réformes ne peuvent se faire sans réviser la Constitution. Donc allez-vous nous interdire de la réviser parce qu’il y a deux ou trois personnes qui ne veulent pas qu’on y touche ? », s’est-il interrogé, tout en affirmant que le pays ne devait pas être freiné par des considérations minoritaires.

« Mon vœu le plus ardent est que cette République recouvre sa stabilité, sa dignité, et soit mise sur de bons rails. Il ne faut pas regarder notre pays comme un verre à moitié vide, mais comme un verre à moitié plein, et se demander comment le remplir davantage », a-t-il ajouté.

Enfin, il a estimé que la République démocratique du Congo a déjà amorcé une amélioration de son image sur la scène internationale. ACP/

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