Le Président Tshisekedi « ouvert » au dialogue, mais sans « insulter » les populations de l’Est

Kinshasa,  7 mai 2026 (ACP).- Le président Félix Tshisekedi est « ouvert » à un dialogue entre Congolais, à condition de ne pas oublier les crimes commis par l’armée rwandaise et le M23-AFC dans l’Est de la République démocratique du Congo, afin d’aboutir à une paix durable et véritable, a-t-il déclaré mercredi lors d’une conférence de presse.

« Le dialogue ? Je le veux. Mais je veux un dialogue qui soit conditionné par une paix totale et véritable sur l’ensemble du territoire de la RDC, sans insulter nos compatriotes de l’Est qui ont besoin de nous », a déclaré le président Félix Tshisekedi.

La guerre dans l’Est congolais dure depuis 30 ans. Des pays voisins, notamment le Rwanda, entretiennent ces violences pour des raisons de prédation des ressources naturelles, notamment minières.

« Donnez-moi une garantie que, si je convoque les compatriotes en forum ici pour un dialogue inter congolais, la guerre prendra fin. Donnez-moi une seule garantie et je me mets à la tâche pour convoquer ce dialogue », s’est exprimé le président Tshisekedi.

« Croyez-vous vraiment que c’est parce que quelques Congolais se seront réunis à Kinshasa ou ailleurs en RDC que le Rwanda comprendra le message et qu’il quittera le territoire ? Va-t-il retirer ses troupes ? », s’est interrogé le président Tshisekedi.

Étant donné que l’économie rwandaise prospère grâce « au pillage », « ils vont se battre jusqu’à la dernière énergie avant de quitter le sol congolais », a analysé le président de la RDC, s’adressant à plus d’une centaine de journalistes mercredi.

Dans ces conditions et étant donné l’infiltration très poussée opérée par l’ennemi dans l’armée et les institutions congolaises, « c’est pour cette raison que des alliés puissants comme les États-Unis sont nécessaires pour nous aider à faire déguerpir les agresseurs », a-t-il déclaré.

Conscient des attentes des populations de Goma, Bukavu et des localités occupées, « d’avoir été abandonnées par Kinshasa », « nous devons leur montrer, leur envoyer des signaux positifs, leur faire comprendre qu’on ne les a pas oubliées. Alors, tenir un dialogue comme si elles n’existaient pas, comme si leur situation était normale, je trouve cela indélicat et irrespectueux », a conclu le président Tshisekedi.

En RDC, plus d’une dizaine de dialogues ont été organisés, aboutissant souvent à la fragilisation des institutions et à l’infiltration de l’armée. Actuellement, un processus réunit les autorités et le M23-AFC sous la médiation du Qatar. La dernière réunion a eu lieu à Montreux, en Suisse. ACP/

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