Le Soudan sollicite l’appui de la RDC pour dénoncer les exactions des milices

Kinshasa, 10 mai 2026 (ACP).- L’ambassadeur du Soudan en République démocratique du Congo a sollicité, dimanche, l’appui diplomatique de la RDC pour dénoncer sur la scène internationale, les exactions commises par les milices des Forces de soutien rapide (FSR) durant la guerre en cours dans son pays, lors d’un entretien.

« Nous comptons beaucoup sur la République démocratique du Congo. Le Soudan et la RDC entretiennent des relations historiques depuis l’indépendance de nos pays dans les années 1960. Le Soudan a déjà participé aux efforts des Nations unies lors de la crise du Katanga, à l’époque de l’ancien premier Premier ministre Patrice Lumumba. (…) C’est pourquoi nous comptons sur la RDC afin qu’elle contribue à faire connaître la réalité de ce qui se passe au Soudan, notamment les violations commises par les milices des Forces de soutien rapide, et qu’elle nous aide à mieux expliquer notre cause sur la scène internationale », a déclaré Osman Hussein, ambassadeur du Soudan en RDC.

« Avec le déclenchement du conflit, nous comptons aujourd’hui sur la RDC, car elle joue un rôle primordial sur l’échiquier international. (…) Nous souhaitons que la RDC soutienne nos efforts dans les différents forums internationaux, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, au Conseil des droits de l’homme à Genève, au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi qu’au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dont elle assure actuellement la présidence », a-t-il insisté.

Le diplomate soudanais a affirmé que, depuis les années 1960, les deux pays ont toujours entretenu de bonnes relations, y compris sous le régime actuel du président Félix Tshisekedi. Il a également expliqué qu’avant le déclenchement de la guerre en avril 2023, la RDC et le Soudan développaient des relations stratégiques fondées sur les échanges et la coopération dans plusieurs domaines.

Urgence d’une solution régionale pour la paix au Soudan

Par ailleurs, l’ambassadeur Hussein a appelé à une mobilisation régionale et internationale pour mettre fin à la guerre dans son pays, avertissant du risque d’une extension du conflit à l’ensemble de la région.

Selon lui, le Soudan ne peut être isolé du reste du continent africain, dans un contexte régional déjà marqué par de multiples tensions, notamment au Soudan du Sud, dans la région des Grands Lacs, en Afrique centrale et en Éthiopie.

Le diplomate a estimé que, sans coopération des pays voisins et une action collective des organisations régionales telles que l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l’Union africaine, l’instabilité pourrait s’étendre au-delà des frontières soudanaises.

Il a enfin mis en garde contre les conséquences régionales d’une guerre prolongée, évoquant notamment les fragilités observées dans certaines zones du Sahel et appelant à une solution urgente pour éviter une déstabilisation plus large du continent.

ACP/C.L.

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