Les savanes d’Afrique centrale, une importante solution naturelle face au changement climatique

Bruxelles, 26 février 2024 (ACP).- Le rôle crucial de solution naturelle des savanes de l’Afrique centrale dans l’atténuation du changement climatique et la perte de la biodiversité a été mis en évidence par des scientifiques belges et congolais dans une étude pionnière réalisée dans la province du Kongo Central en République démocratique du Congo.

« L’approche relativement simple et à faible coût consistant à l’exclusion du feu dans les savanes artificielles, est une solution naturelle efficace pour atténuer l’impact du changement global et lutter contre la perte de biodiversité. Elle offre également une opportunité concrète pour impliquer des communautés locales et leurs connaissances traditionnelles, tout en fournissant un levier scientifique crucial pour les décideurs politiques afin de stimuler des initiatives de restauration des forêts dans tout le bassin du Congo », ont indiqué les auteurs, cités dans un communiqué du Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC).

L’étude, réalisée par des scientifiques du Musée royal d’Afrique centrale, de l’Université de Gand en Belgique, et de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA/RDC), révèle le «potentiel remarquable» des mesures d’exclusion du feu dans les savanes, comme une stratégie efficace pour l’atténuation des effets du changement climatique et la perte de la biodiversité, a indiqué le communiqué.

Cette étude, rendue publique le 24 janvier dernier, s’est  concentrée sur le stock de carbone et sur la biodiversité. Elle indique qu’après 17 années d’exclusion du feu, le stock moyen de carbone aérien était d’environ 11 Mg C par hectare, avec un potentiel estimé de restauration totale après 115 ans.

Concernant la biodiversité, l’étude a révélé que « plus d’un tiers de la richesse en espèces des vieilles forêts a été restauré après 17 ans, avec un potentiel estimé de restauration complète après seulement 60 ans ».

« Nous avons observé une forte association entre le stock de carbone aérien élevé et une forte richesse en espèces », ont dit les scientifiques, qui avancent, cependant, que « la restauration complète de la composition   originale en espèces des vieilles forêts est estimée à au moins 120 ans ».

Cela signifie que le nombre d’espèces d’arbres augmente très rapidement, mais qu’il faut du temps avant que les espèces ciblées des vieilles forêts ne prennent le dessus.

Les scientifiques ont estimé qu’en extrapolant les résultats, les savanes « instables» à travers la République démocratique du Congo, la République du Congo et l’Angola« pourraient avoir un potentiel total de stockage de carbone allant jusqu’à 12 Gt C d’ici 2100 si de telles mesures de mise en défense étaient appliquées ».

Selon les auteurs de l’étude, une restauration forestière réussie offre non seulement des avantages environnementaux, mais aussi des avantages significatifs pour les communautés locales, tels que la génération de revenus par la vente de crédits carbone, aidant l’adaptation des communautés à des extrêmes climatiques ou environnementaux, et soutenant les initiatives de développement local.ACP/ODM

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