Les « structures empêchant l’émergence d’une souveraineté effective » de la RDC, objet d’une thèse

Kinshasa, 27 avril 2026 (ACP).- Les « structures de dépendance » empêchant l’émergence d’une souveraineté effective de la République démocratique du Congo (RDC) dans les relations internationales mondialisées ont fait l’objet d’une thèse doctorale soutenue samedi à l’Université pédagogique nationale, à Kinshasa, a-t-on appris lundi de l’auteur.

« L’État congolais a perpétué des structures de dépendance politique, économique et institutionnelle, empêchant l’émergence d’une souveraineté effective. La mondialisation contemporaine, loin de corriger cette dépendance, l’a accentuée à travers la domination des multinationales, la financiarisation des ressources et la tutelle diplomatique », a déclaré le chef des travaux Aristote Ngarime.

« L’histoire du Congo, depuis la Conférence de Berlin de 1884-1885, illustre cette continuité d’assujettissement », a-t-il ajouté.

Citant Jules Cornet, qui dès 1892 qualifiait le territoire de l’actuelle RDC de « scandale géologique » pour souligner à la fois l’abondance de ses richesses naturelles et l’appétit qu’elles suscitaient, M. Ngarime a déploré le fait que « De Léopold II à l’État néocolonial post-indépendance, le pays est resté un réservoir de matières premières plutôt qu’un acteur souverain de sa destinée ».

Cette recherche a permis à l’auteur d’examiner la RDC comme un espace intentionnel, où se déploient les volontés de puissance, les stratégies d’influence et les logiques de domination.

« La compréhension de l’impuissance congolaise n’a pas été réduite à un simple déficit institutionnel, mais envisagée comme le produit d’une construction géopolitique organisée, entretenue et réactualisée dans les rapports de force mondiaux », a-t-il révélé.

Face à ce tableau, le chef de travaux Ngarime a martelé sur la nécessité de réinventer l’État congolais, de le doter d’un esprit de puissance endogène, inspiré par une mémoire historique lucide et par une projection géopolitique actualisée.

« Une rupture avec les pratiques du passé s’impose afin d’adapter l’État congolais aux nouvelles réalités du monde contemporain, caractérisé par la compétitivité, l’interdépendance et la souveraineté stratégique », a-t-il soutenu.

M. Ngarime a, par ailleurs, insisté sur la refondation de l’État congolais qui, selon lui, passe par la conquête de la puissance nationale, fondée non sur la domination, mais sur la cohésion sociale, l’intégrité morale et la souveraineté intellectuelle.

« C’est dans cette direction que se dessine l’espérance communautaire, celle d’un Congo réconcilié avec lui-même, fort de ses valeurs et acteur respecté sur la scène internationale », a-t-il conclu.

La soutenance publique de cette dissertation a valu au chef de travaux Aristote Ngarime d’être proclamé docteur en Relations internationales avec la mention « la plus grande distinction ».

ACP/JF

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