Kinshasa, 22 août 2025 (ACP).- Le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné, vendredi, les exactions et crimes commis par le mouvement rebelle du « 23 mars » soutenu par le Rwanda, contre les civils dans l’est de la République démocratique du Congo, lors d’une séance tenue en urgence sur la situation sécuritaire au Congo.
« L’offensive du M23 soutenue par le Rwanda doit cesser. La priorité va à la conclusion d’un accord de cessez-le-feu effectif, inconditionnel et immédiat. Un retour au dialogue est urgent avec l’appui des médiations régionales. La souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo doivent être respectées. Les forces rwandaises doivent se retirer sans délai du territoire congolais, comme l’ont déjà déclaré le Secrétaire général des Nations Unies et les membres de ce Conseil », a déclaré vendredi le représentant de la France à l’ONU au cours de cette séance.
La France a remercié les membres du Conseil de sécurité pour leur engagement dans la négociation de la résolution « 2773 » (2025), qui « condamne fermement » l’offensive du M23 ces deux dernières semaines. Le représentant de Paris a dit porter un message clair : « Il n’y a pas d’issue militaire au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ».
A cet effet, il a appelé la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) à mettre en œuvre son mandat pour le bien des populations civiles, sans être entravée dans ses actions.
« La Monusco doit pouvoir mettre en œuvre son mandat pour le bien des populations civiles sans être entravée dans ses actions. (…) Cette résolution rappelle enfin le rôle clé des processus de Luanda et Nairobi en vue de trouver une solution politique durable qui passe par le retrait complet des forces rwandaises et le démantèlement des FDLR. (…) Avec près d’un million de déplacés et des milliers de morts et de terribles exactions, les populations civiles paient un lourd tribut du fait de l’escalade de ce conflit qui n’a que trop duré. (…) Il est grand temps que le Conseil s’exprime avec clarté pour favoriser une cessation des hostilités, les conditions nécessaires à une désescalade, en complémentarité avec les initiatives régionales que la France soutient », a martelé l’ambassadeur français.
Un retrait « immédiat » du M23 exigé
« Le Conseil de sécurité, par le biais de la résolution qui vient d’être adoptée, exige du M23 de se retirer immédiatement des zones qu’il occupe et de cesser les hostilités, ce qui répond aux attentes de la communauté internationale et des pays de la région en faveur de la cessation des hostilités. C’est ainsi également que le Conseil de sécurité doit s’acquitter de ses responsabilités. Voilà pourquoi nous avons voté pour ce projet de résolution », a déclaré vendredi le représentant de la Chine à l’ONU.
Il a rappelé que la situation qui sévit dans l’est de la RDC continue de se dégrader, demandant ainsi des parties qu’elles entendent le message de la communauté internationale et du Conseil de sécurité en cessant immédiatement toutes les hostilités, et en se gardant de toutes mesures susceptibles d’exacerber les tensions.
« La Chine réitère son ferme appui à régler les problèmes africains par des solutions africaines. Les résolutions du Conseil de sécurité, selon nous, devraient appuyer les processus régionaux afin de créer des synergies avec les efforts de médiation à l’échelle régionale. Toutes les parties concernées doivent faire montre de bonne foi face aux initiatives de paix régionales, elles doivent s’engager à régler leurs différends par le biais de la diplomatie et du dialogue », a soutenu le représentant chinois.
De son côté, le Royaume-Uni a indiqué qu’aucun État membre ne doit faire obstacle à la résolution condamnant fermement l’offensive rwandaise.
« Les violations auxquelles nous avons assisté ces dernières semaines dans l’est de la RDC sont absolument inacceptables. Cette résolution, aujourd’hui, envoie un message clair : ces violations doivent cesser. Toutes les parties doivent s’engager sur la voie du processus politique dirigé par l’Afrique. (…) Aucun État membre ne doit faire obstacle à cette résolution », a martelé le représentant de Londres. « La résolution stipule également que le droit international humanitaire doit être respecté et qu’il faut également respecter le mandat de la Monusco », a-t-il renchéri.
« Et surtout, la résolution stipule clairement qu’il faut respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ainsi que la Charte de l’ONU. Nous soutenons l’appel lancé par cette résolution pour que toutes les forces de défense rwandaises se retirent du territoire congolais. Nous appelons les parties à pleinement respecter cette résolution. Sinon, ce Conseil devra envisager d’autres actions », a-t-il dit.
Les forces de défense rwandaise sommées d’aller à la table de négociation
Par ailleurs la Fédération de Russie a sommé les forces de défense rwandaise d’aller à la table des négociations afin de décider avec la RDC de régler toutes les divergences.
« Les hostilités doivent cesser et la population doit revenir à une vie normale. Les forces de défense rwandaises doivent aller à la table des négociations et décider avec la RDC de régler toutes les divergences. C’est dans ce sens également que vont les efforts de la région qui ont pour objectif de parvenir à une paix de bonne foi, comme cela a été décidé. Dans le cas contraire, la région connaîtra à nouveau une effusion de sang, une guerre avec de nombreuses victimes. Il ne faut donc pas répéter les erreurs du passé ni répéter l’histoire », a dit le représentant de la Russie à l’ONU.
Pour le Représentant de l’Angola, le Conseil de sécurité se doit d’aider la population et le gouvernement de la RDC à réaliser ses aspirations en agissant rapidement et de façon déterminée pour prévenir une escalade du conflit, en promouvant un règlement pacifique. « Tout retard dans l’adoption de résolutions en appui à des solutions africaines aux problèmes africains aurait renforcé les risques. (…) Il faut sauver des vies, arrêter l’effusion de sang d’innocents, notamment des personnes âgées, femmes, enfants ; ouvrir des couloirs humanitaires et en garantir l’accès sans entrave », a-t-il souligné.
ACP/C.L.

