Kinshasa, 12 juillet 2026 (ACP).- Une tribune « sans filtre diplomatique », consacrée aux liens entre les conflits armés, le pillage des ressources naturelles et la paix est prévue lundi au Conseil de sécurité des Nations unies, permettant aux victimes de s’adresser directement aux grandes puissances, a-t-on appris de source diplomatique de la République démocratique du Congo (RDC).
Organisée dans le cadre de la présidence tournante de la RDC au Conseil de sécurité pour le mois de juillet, cette rencontre en formule « Arria », sous la conduite de la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, devra réunir des experts indépendants, des représentants de la société civile ainsi que des victimes des violences des violences au monde est dans l’Est de la RDC, appelés à présenter directement leurs témoignages et leurs analyses devant les membres du Conseil de sécurité.
À travers cette initiative, Kinshasa entend porter devant les principales puissances mondiales les conséquences humaines, sécuritaires et environnementales de l’agression rwandaise menée avec ses supplétifs du M23, ainsi que de l’exploitation illicite des ressources naturelles dans les territoires affectés par le conflit, selon plusieurs observateurs.
La réunion devrait notamment mettre en lumière les massacres de civils, les déplacements forcés de populations, les violences sexuelles ainsi que le pillage des minerais stratégiques, présenté par les autorités congolaises comme l’un des principaux facteurs de prolongation de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
Contrairement aux séances officielles du Conseil de sécurité, la formule «Arria» offre un cadre informel favorisant des échanges plus ouverts avec des intervenants extérieurs.
Les autorités congolaises y voient un espace propice pour porter des questions jugées difficiles à aborder dans les débats formels et sensibiliser directement les membres du Conseil aux réalités du conflit.
Selon Kinshasa, le démantèlement des circuits de prédation des ressources naturelles constitue un préalable indispensable à une paix durable, à la protection des populations civiles et à la stabilisation de toutes les régions du monde, particulièrement les Grands lacs africains.
La présidence congolaise de l’Onu au service des priorités diplomatiques
Thérèse Kayikwamba, au Conseil des Nations Unies
Depuis le 1er juillet, la RDC assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, une responsabilité qu’elle entend mettre au service de plusieurs priorités diplomatiques, parmi lesquelles la gouvernance des ressources naturelles, la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits, la protection des civils et le renforcement de la lutte contre l’impunité.
Le 8 juillet, une séance de haut niveau consacrée à l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » a été présidée par la Première ministre Judith Suminwa. Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a, pour sa part, plaidé pour que cette présidence contribue à faire progresser les mécanismes de justice transitionnelle et à renforcer les sanctions contre les auteurs de violations des droits humains.
Créée en 1992, la formule «Arria» est un mécanisme de travail informel du Conseil de sécurité des Nations unies.
Elle permet aux membres du Conseil d’entendre des experts, des organisations non gouvernementales, des représentants de la société civile ou des victimes afin d’éclairer leurs délibérations sur les questions de paix et de sécurité internationales.
ACP/ PM

