Phénomène Mobondo: le Gouvernement  invité  à  accélérer  le processus  du dialogue inclusif

Kinshasa, 30 août 2025 (ACP).-Le Gouvernement  congolais  a été invité,  samedi, à  accélérer  le processus du dialogue inclusif entre acteurs impliqués dans le dossier  phénomène Mobondo, persistant au plateau de Bateke, dans l’ouest de la République démocratique du Congo, lors d’un point de presse organisé à Kinshasa.

« Au ministère de l’Intérieur, sécurité et décentralisation, d’accélérer le processus du dialogue inclusif en perspective, en partenariat avec les structures locales et internationales qui œuvrent pour la paix dans la partie en conflit. Aussi, conseillons-nous pour ce faire de rechercher à dialoguer avec les vrais acteurs de la crise afin d’aboutir, à des résolutions efficaces qui favorisent la paix sociale et le bien-vivre ensemble et durable », a déclaré  la sœur Perpétue Makiese,  responsable  du bureau de la commission diocésaine justice et paix, de l’Archidiocèse de Kinshasa.

« Nous recommandons au Gouvernement de la République de mettre en place une stratégie exhaustive pour lutter contre le chômage et l’oisiveté des jeunes qui contribuent de manière substantive au banditisme et  de disponibiliser des moyens financiers conséquents pour la reconstruction des infrastructures détruites par les Mobondo et ainsi, permettre aux déplacés de revenir vivre dans leur village dans des conditions plus humaines », a-t-elle  dit.

Il en est de même  de renforcer l’autorité de l’État à travers une présence policière bien équipée dans toutes les agglomérations ratissées par les Forces armées.

« Nous plaidons pour plus d’engagement de l’armée pour déloger les Mobondo dans leurs différentes régions. (…) En même temps, nous  invitons à une réelle prise en charge des forces de défense et de sécurité et de lutter contre leur affairisme qui risque de faire perdurer la crise.

Au regard de l’étendue de la zone où opèrent les Mobondo », a ajouté  la sœur Makiese.

    Organiser des procès  publics pour décourager

En outre, des  recommandations  spécifiques  ont été  formulées à l’endroit  des ministères de la Justice  et des Affaires sociales d’organiser respectivement des procès  publics des auteurs  des massacres et de renforcer l’aide aux déplacés.

« Au ministère de la Justice et Garde des Sceaux, d’organiser les procès publics des auteurs coupables des crimes graves et avérés. A défaut de cela, organiser une justice conditionnelle dans ces quatre piliers: le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et le droit aux garanties de non-répétition, afin de décourager les velléités des autres personnes qui seraient tentées de rejoindre les mouvements Mobondo », a-t-elle dit.

De 2022 à nos jours, la milice Mobondo a causé la mort de plus de 5 000 personnes, plus de 700 000 personnes déplacées dont des femmes enceintes  et des  orphelins.

ACP/UKB

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