Kinshasa, 14 avril 2026 (ACP).- L’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) a appelé, mardi, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation de la paix en République démocratique du Congo (Monusco) à renforcer la protection des civils à Nzulo, dans la ville de Goma (Nord-Kivu), selon un communiqué.
«L’Association Nationale des Victimes du Congo porte à l’attention urgente des autorités nationales et internationales des informations graves, concordantes et préoccupantes relatives à un phénomène émergent de criminalité organisée dans la ville de Goma, précisément dans la zone de Nzulo, en bordure du lac Kivu dans la province du Nord-Kivu. Nous appelons à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation de la paix en République démocratique du Congo (Monusco) pour activer immédiatement des mécanismes renforcés de protection des civils dans la zone de Nzulo et ses environs », a-t-on lu.
Selon la source, l’ANVC a notamment demandé à la Monusco « d’activer immédiatement des mécanismes renforcés de protection des civils dans la zone de Nzulo et ses environs », ainsi que de déployer des patrouilles dissuasives et des dispositifs de surveillance ciblés autour du lac Kivu.
Le communiqué recommande également aux mécanismes internationaux de protection des droits humains, notamment le Conseil des droits de l’homme, les procédures spéciales et la Cour pénale internationale, de se saisir en urgence de cette situation et de mettre en place un mécanisme de documentation des violations graves dans la région.
Par ailleurs, les partenaires internationaux et humanitaires ont été appelés à renforcer les dispositifs d’alerte précoce et de protection communautaire.
S’agissant des autorités nationales, l’ANVC a invité le gouvernement congolais à soutenir les victimes et leurs familles, notamment en matière d’assistance psychosociale et juridique.
«Nous appelons à une mobilisation immédiate, coordonnée et efficace afin de prévenir l’aggravation de ces crimes, protéger les populations civiles et garantir que les auteurs de ces violations graves soient tenus responsables de leurs actes», a déclaré Espoir Sadiki, coordonnateur de l’association, cité dans le communiqué.
Selon ce document, « des sources crédibles et recoupées » font état d’enlèvements ciblés de civils attribués à des éléments du M23-AFC, avec un soutien de forces étrangères RDF. Les victimes seraient ensuite transférées vers des zones isolées, notamment aux abords du lac Kivu, où elles feraient l’objet d’exécutions extrajudiciaires avant que leurs corps ne soient dissimulés dans les eaux du lac.
L’ANVC estime que ces actes constituent de graves violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, notamment le droit à la vie, l’interdiction des exécutions sommaires ou extrajudiciaires, ainsi que les dispositions du Statut de Rome relatives aux crimes contre l’humanité.
L’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) est une structure congolaise dédiée à la défense, à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes de violences sexuelles, de crimes contre la paix et à la promotion de la justice transitionnelle en RDC.
ACP/C.L.

