RDC : Appel à une révision de la Constitution face aux défis du numérique et de l’IA

Kinshasa 9 juin 2026 (ACP).-Un appel à l’accompagnement du projet de révision, voire de changement de la Constitution de la République démocratique du Congo, jugée « inadaptée » aux nouveaux défis, a été lancé mardi par la ministre de l’enseignement supérieur universitaire recherche scientifique et innovations, lors d’une journée de sensibilisation dans des sites universitaires à Kinshasa.

« Un texte même, solide, doit être réévalué lorsque le contexte change. Aujourd’hui, notre pays fait face à des défis nouveaux. Des défis technologiques, démographiques. En 2006, la RDC ne comptait pas plus de 100 millions d’habitants. On parle même de 120 millions. Nous avons des défis environnementaux, sécuritaires. Des défis géopolitiques qui n’existaient pas en 2006. Et ces défis exigent une constitution capable de protéger les citoyens qui sont devenus modernes, avec l’intelligence artificielle, avec les nouvelles technologies, avec les défis climatiques. Pendant que la constitution de 2006 n’avait pas prévu l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les données biométriques », a déclaré la ministre Marie-Thérèse Sombo devant les étudiants de l’Université pédagogique nationale.

Médecin neuropsychiatre, elle a alerté sur les dangers de la désinformation : « Nos émotions peuvent être manipulées. La désinformation peut même déstabiliser un pays ».

Par ailleurs Marie-Thérèse Sombo a insisté sur la souveraineté numérique.

« Un pays moderne doit contrôler ses données, ses infrastructures numériques », a-t-elle soutenu.

Autre angle mort relevé : la santé mentale. « La Constitution protège notre intégrité physique. Et ça s’arrête là. Rien sur l’intégrité mentale », a-t-elle déploré, citant l’exemple d’autres pays ayant inscrit cette protection dans leur loi fondamentale.

Faisant l’écho de nombreuses voix qui réclament la révision constitutionnelle, la rectrice de l’Université pédagogique nationale a martelé sur l’impérieuse nécessité de doter la RDC d’une loi fondamentale moderne.

« La loi fondamentale qui nous régis aujourd’hui c’est-à-dire notre constitution, date de vingt ans. Celle-ci nous a permis de fonctionner jusque-là dans tous les aspects de la vie nationale. Aujourd’hui, considérant l’évolution du contexte national et international, de nombreuses voix s’élèvent qui demandent de regarder à nouveau cette loi fondamentale pour l’adapter aux exigences et conditions actuelles afin de garantir un avenir serein et plus prospère à nos populations », a plaidé la professeure Yvonne Ibebeke.

L’initiative de la Ministre saluée par le DG de l’INBTP

Par ailleurs le professeur Cedrick Tshibangu, Directeur général de l’institut national de bâtiment et travaux publics (INBTP) a salué cette initiative de la Ministre de l’ESURSI sur la sensation de la communauté universitaire et scientifique de la RDC et l’organisation du colloque national scientifique pour débattre de cette question importante pour le pays.

«Votre présence,au sein de notre établissement,confère à cette activité une portée particulière.Elle traduit l’intérêt que le pouvoir public accorde à la jeunesse universitaire en tant qu’acteur essentiel du débat démocratique,
partenaire du progrès social et force intellectuelle capable de contribuer à la consolidation de l’état de droit dans notre pays»,a dit le Directeur général de l’INBTP.

Il a expliqué aux étudiants le rôle de cette perspective, l’évaluation de la Constitution qui ne doit pas être perçue
comme un acte de contestation
de l’ordre constitutionnel existant,
mais plutôt comme un exercice intellectuel, scientifique et démocratique
visant à examiner objectivement
les résultats obtenus après plusieurs années d’application.

Le colloque national sur l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006 est programmée du 10 au 12 juin 2026 simultanément dans trois Universités de la RDC.
L’objectif visé par ces assises est de mener une réflexion scientifique, rigoureuse et prospective sur les acquis, les défis et les perspectives dévolution de la Constitution du 18 février 2006 afin de contribuer au renforcement de lÉtat de droit, de la gouvernance démocratique et du développement durable en RDC.

ACP/N/K

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