RDC : création d’un cadre de concertation pour gérer la crise sécuritaire au Sud-Kivu

Kinshasa, 02 avril 2026 (ACP).- Un cadre permanent de concertation pour la gestion de la crise sécuritaire au Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a été créé afin de renforcer l’autorité de l’État, a annoncé jeudi le gouverneur de cette province, lors d’un briefing de presse tenu à Kinshasa.

« Dans la province du Sud-Kivu, plusieurs mécanismes ont été mis en place pour renforcer l’autorité de l’État. Nous avons notamment créé un cadre permanent de concertation pour la gestion de la crise sécuritaire. Ce cadre regroupe différentes forces vives, notamment les volontaires pour la défense de la patrie, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les services de sécurité aux frontières, la Fédération des entreprises du Congo, ainsi que les représentants des femmes et des jeunes », a déclaré Jean-Jacques Purusi, gouverneur du Sud-Kivu.

Selon lui, cette initiative vise à favoriser un dialogue inclusif entre les différentes parties prenantes et à apporter des réponses adaptées aux défis sécuritaires auxquels la province est confrontée.

« Ce cadre se réunit toutes les deux semaines afin d’analyser les défis auxquels la province est confrontée et d’y apporter des solutions adaptées », a-t-il précisé.

Le gouverneur Purusi a indiqué que, sous l’impulsion du Président de la République, Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui a instruit le Gouvernement central de les appuyer sur le terrain, les institutions sont aujourd’hui de retour dans cette partie du pays.

« Nous avons bénéficié de moyens ayant permis de rétablir les mécanismes institutionnels. Avec l’appui du ministère de la Justice, le parquet militaire ainsi que le parquet civil sont déjà opérationnels. Les institutions s’installent progressivement, et nous pouvons affirmer que l’Assemblée provinciale ainsi que le gouvernement provincial sont désormais fonctionnels », a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, il a signalé l’instauration du système dit « Nyumbakumi » (chef des dix maisons), reposant sur une organisation de proximité impliquant chefs d’avenue, chefs de quartier et responsables locaux. Les bourgmestres, administrateurs de territoire et maires des différentes villes travaillent en synergie pour renforcer la cohésion intercommunautaire et promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité.

Abordant la crise humanitaire, le gouverneur du Sud-Kivu a indiqué qu’au plus fort des violences marquées par de graves violations des droits de l’homme, massacres, enlèvements, tortures et viols, de nombreuses populations ont fui leurs localités, notamment Uvira et ses environs.

« Nous avons enregistré environ 1,2 million de déplacés internes, tandis que près de 800 000 réfugiés se trouvent dans des camps en Tanzanie et au Burundi », a  précisé Jean-Jacques Purusi.

Selon lui, face à cette situation, les autorités provinciales ont collaboré avec le génie militaire et les FARDC pour sécuriser et baliser les zones de retour, notamment à travers des opérations de déminage. En partenariat avec les autorités burundaises et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), un processus de retour progressif est en cours.

« À partir du 4 de ce mois, une commission tripartite réunissant la RDC, le Burundi et le HCR se tiendra à Kalemie afin de définir un calendrier et les modalités de rapatriement des réfugiés. Aujourd’hui, la vie reprend progressivement : les écoles, les marchés et les centres de santé ont rouvert. Nous exprimons notre gratitude au Gouvernement pour son soutien en faveur des populations déplacées. Nous continuerons à œuvrer pour le retour rapide et sécurisé de tous nos compatriotes », a-t-il conclu.

ACP/ C.L

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