Kinshasa, 3 août 2025(ACP).-Des pratiques de corruption dans la presse congolaise ont été évoquées dans une thèse de doctorat, défendue samedi à l’Université pédagogique nationale (UPN) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«La finalité de notre recherche a été d’appréhender les facteurs déterminants de la corruption dans la presse congolaise. Nous sommes parti du constat que la corruption est un fait social observable et racontable à travers la vénalité de la presse congolaise. Pourtant, la déontologie et l’éthique orientent les journalistes congolais à distinguer le bien et le mal dans la société, à tenir compte de leurs droits, mais aussi de leurs devoirs dans l’exercice de leur métier », a déclaré le chef de travaux André Mushongo, auteur de la thèse.
«Lorsqu’un journaliste désinforme, lorsqu’il conditionne l’information, lorsqu’il étouffe l’information, lorsqu’il est hors normes, lorsqu’il n’applique pas le code de bonne conduite (…) il est considéré comme un journaliste corrompu sociologiquement », a -t-il affirmé.
Pour le récipiendaire, la spécificité de sa recherche réside non seulement sur la méthode utilisée, mais aussi et surtout, sur la dimension sociologique de la corruption, en prenant aussi en charge le terme corruption au sens juridique, économique, social et autres.
«A travers cette recherche, tout ce qui n’est pas norme, entre dans l’aspect de la corruption. Voilà la différence entre la thèse doctorale de Munkeni Lapess et la nôtre», a martelé l’impétrant.
«Les journalistes doivent s’interdire d’être payés par un service public (nous ne parlons pas évidemment des médias de service public) ou par une entreprise privée ou encore par un particulier qui pourrait profiter de leur statut, de leurs influences et de leurs relations», a-t-il recommandé.
Cette thèse, a-t-il précisé, a aussi inventorié les pratiques des journalistes congolais qualifiées d’actes de corruption; décrit l’ordre social dans lequel travaillent les journalistes et examiner des interactions sociales à la base de la pratique de corruption dans la presse congolaise.
A cet effet, le récipiendaire a proposé une approche sociologique qui rappelle les grands principes d’éthique et de déontologie en vue de leur application dans l’exercice du métier de journalisme en RDC.
Aprtès sa défense, la rectrice de l’UPN, Yvonne Ibebeke a conféré au candidat André Mushongo le grade de docteur en Sciences de l’information et de la communication avec la mention «Grande distinction».
ACP/C.L.

