Kinshasa, 18 août 2025 (ACP).- Une nette amélioration a été notée dans les rapports de coopération entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Japon, par l’ambassadeur congolais au « pays du soleil levant », dans une interview accordée à Radio Top Congo, visionnée lundi par l’ACP.
« Le Congo fait partie des six pays stratégiques partenaires du Japon (…) Donc, c’est un grand signe, sur les 180 et pratiquement 190 pays au monde. Et, nous sommes parmi les pays préférés de l’Afrique », a dit Lukumwena Nsenda, ambassadeur de la RDC au Japon, en marge de la 9ème édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad).
« Je dirais à mon sens, on le voit d’ailleurs par une croissance dans les échanges (…) Nous le voyons par le nombre de demandes de visa des collaborateurs et des partenaires techniques de la Jica (…) qui sont des grandes boîtes qui travaillent au Congo », a-t-il martelé.
Une évolution positive constatée
A en croire l’ambassadeur de la RDC au Japon, le niveau des rapports entre le pays du soleil levant et la RDC va croissant visant des secteurs bien déterminés.
« L’investissement est faible pour l’instant, mais il est croissant, notamment dans des secteurs qui intéressent le Japon, plus particulièrement, le secteur minier et le secteur de l’énergie. Mais l’agriculture est de plus en plus l’un des éléments qui pointent dans l’horizon », a-t-il expliqué.
Le diplomate congolais a, par ailleurs, plaidé pour l’amélioration du climat des affaires en RDC pour faciliter les investissements.
« Le plus gros problème avec le Japon c’est le climat des affaires du Congo (…) Donc chaque instant que l’on parle de la question qui est posée, c’est celle de l’opacité au niveau de la fiscalité au Congo », a-t-il dit.
La Ticad, une opportunité dans les relations RDC-Japon
L’ambassadeur congolais au Japon s’est dit optimiste sur l’apport de la participation de la RDC dans les activités au Japon et à l’édition de la Ticad, qui se tient à Osaka, à la quelle prend part la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa.
« Je suis très positif que les choses marchent bien entre les deux pays au vu de plusieurs conversations qu’on a eues précédemment », a-t-il souligné.
« Et pour retourner un petit peu sur la visite assez récente de la Première ministre lors de la Journée nationale au cours de laquelle il a été organisé une semaine congolaise expo/2025 qui se tient encore à Osaka dans laquelle nous avons d’ailleurs un stand, il y a les échanges entre les deux premières ministres», a-t-il dit.
Pour le diplomate congolais, son optimisme porte sur le fait qu’il y a de plus en plus une meilleure compréhension au Congo par le secteur privé japonais. Le deuxièmement aspect est constitué du renforcement des capacités des Congolais qui retournent travailler au pays.
« Le Japon gagne de plus en plus une certaine confiance, si vous voulez, parce qu’il y a une bonne partie de la main d’œuvre qu’il aura formé lui-même et sur lesquelles on peut compter qui constitue le lien assez fort », a souligné le diplomate.
Une forte communauté congolaise au Japon
L’Ambassadeur Lukumwena Nsenda a, par ailleurs, fait savoir qu’il y a 700 Congolais qui sont enregistrés au niveau des services publics du Japon. Il a relevé, cependant, le fait que les Congolais ont un petit problème qui est assez général par ce qu’ils n’ont pas l’habitude de s’enregistrer dans leurs pays d’accueil.
« C’est un fait, mais il y a peut-être 700 enregistré, mais à mon sens, je crois qu’on peut parler des 1000 sans être contrarié », a-t-il dit.
Et de faite constater que les manutentionnaires font le plus grand nombre, à coté également d’un bon nombre de cadres.
« On a pas mal de professeurs d’université et parmi ces gens-là, d’ailleurs on a un qui était devenu vice-président dans une université nationale. C’est une fierté des professeurs », a noté Lukumwena Nsenda, soulignant le nombre croissant d’étudiants congolais au Japon.
Et de poursuivre : « On a une affaire comme 100 étudiants au niveau de la communauté estudiantine que nous connaissons au niveau de l’ambassade. Nous avons trois diplomates. Les conditions sont pareilles, les loyers sont payés en avance même pour cette année en cours, on est tranquille ».
La RDC n’a pas de résidence au Japon
Pour le diplomate congolais, les conditions de travail sont assez difficiles parce que le nombre des diplomates sur place est insuffisant.
« On a besoin d’avoir un peu plus des conditions de travail côté mobilité. C’est un problème sérieux : on a deux vieilles bagnoles. Nous sommes dans l’attente toujours des voitures promises. Beaucoup d’ambassades en ont eus mais malheureusement, (celle) du Japon n’en a pas encore pour des raisons que nous ne connaissons pas », a fait savoir le diplomate avant de relever les difficiles conditions sociales dans lesquelles les représentants du Congo vivent au Japon.
ACP/C.L.

