Kinshasa, 11 juillet 2025 (ACP).- La Cour pénale internationale (CPI) a été appelée, par le gouvernement congolais, à la compétence pour juger les crimes d’agression dont la République démocratique du Congo est victime, notamment de la part du Rwanda, a appris l’ACP, jeudi, de source officielle.
«Le Congo est en effet un pays victime d’agression, notamment de la part du Rwanda de Paul Kagame, depuis maintenant 30 ans. Cette agression a coûté la vie à 13 millions de personnes, sans compter de nombreux autres drames: des femmes violées, des enfants orphelins et de lourds dégâts causés à l’environnement. Après avoir rappelé la situation dramatique de la RDC, nous avons souligné qu’il est anormal que la CPI soit compétente uniquement pour les crimes qui découlent du crime d’agression, mais pas pour le crime d’agression lui-même, qui en est la source. Nous avons donc soutenu cette position avec fermeté», a affirmé à l’ACP, le vice-ministre de la justice, Samuel Mbemba Kabuya.
Il l’a dit à son retour à Kinshasa, en provenance de New-York, aux États-Unis d’Amérique, à l’Assemblée générale extraordinaire des États parties à la Cour pénale internationale qui avait pour but de revisiter les amendements de Kampala.
Le vice-ministre de la Justice a fait savoir qu’une réunion importante est prévue en 2027 à ce sujet, et la date limite fixée par la RDC pour l’entrée en vigueur pleine et entière de cette compétence est 2029.
«Ça sera une étape majeure pour assurer la pleine juridiction de la CPI sur le crime d’agression (…) Les États agresseurs, les individus responsables d’agression, doivent être pénalement sanctionnés devant la justice pénale internationale», a-t-il souligné.
M. Kabuya a précisé que la RDC continuera à travailler et à militer pour que le temps de l’impunité prenne fin, soulignant qu’une thèse contraire au jugement de crime d’agression était développée, mettant seulement l’accent sur les crimes de génocide, de guerre et les crimes contre l’humanité.
Il a indiqué que la position que la RDC a défendue avec plusieurs pays partenaires a prévalu, qui est un acheminement vers le concret à l’horizon 2027 et au plus tard en 2029, car la CPI est pleinement compétente pour juger le crime d’agression.
«Il est vrai que les opposants à cette extension de compétence étaient notamment quelques pays européens qui ont entraîné dans leur sillage quelques pays africains, mais la RDC a eu un soutien et un projet de résolution appuyé par plusieurs pays européens tels que la Belgique et l’Allemagne», a expliqué Samuel Mbemba. ACP/ODM

