Kinshasa, 03 avril 2026 (ACP).- La proposition de loi portant «Service militaire obligatoire» déposée à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a été expliquée vendredi, lors d’un atelier organisé à Kinshasa, la capitale, par l’institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence (Ebuteli).
«Il était important pour nous d’expliquer aux participants la proposition de loi portant sur le service militaire obligatoire déposée à l’Assemblée nationale, par Claude Misare, qui est inscrit dans le calendrier des travaux de la session ordinaire en cours. Parce que le sujet du service militaire obligatoire figure régulièrement dans l’espace public comme une réponse à la crise sécuritaire», a déclaré Florentin Mutula, collaborateur parlementaire du député national Claude Misare, initiateur de la proposition de loi.
Dans ce contexte, a dit M. Mutula, le projet «Talatala» a saisi cette opportunité pour ouvrir un débat citoyen éclairé, dans le cadre du premier «Hackathon» qui a pour thème: «Service militaire obligatoire en RDC: enjeux, faisabilité et perspectives citoyennes», dans l’objectif d’examiner cette proposition de loi, d’en analyser la faisabilité et d’identifier les enjeux sociétaux, de genre, d’équité territoriale et d’acceptabilité citoyenne.
«Première chose, il faut qu’il y ait d’abord l’appropriation nationale de cette proposition de loi sur le service militaire obligatoire (…). Que les Congolais puissent s’en approprier pour le bien de notre pays. Il faut aussi la prise de conscience que nous devons défendre, privilégier le patriotisme», a martelé M. Mutula.
Selon lui, on peut revoir à la hausse le budget dans le secteur de la Défense, en créant une rubrique pour le service militaire obligatoire et pour la formation, pour permettre à mobiliser les citoyens.
«D’autres conditions de mise en œuvre peuvent être déterminées par le Gouvernement de façon concrète, au sujet des contraintes budgétaires», a proposé le collaborateur parlementaire de ce député national.
Pour Florentin Mutula, cette proposition de loi va éviter à ce que l’armée ne soit un endroit de refuge de hors la loi en adoptant des mesures d’application pratiques, afin de garantir la discipline au sein du système de défense congolais.
«Je pense qu’au niveau de la défense, il faut qu’on puisse prendre des mesures d’application pratiques et susceptibles de garantir la discipline au sein du système de défense congolais. Et cela va un peu éviter certains dégâts qui peuvent être faits par des personnes qui ont mal compris le service militaire obligatoire», a-t-il insisté.
La proposition de loi pour une réserve doit relever les défis
Par ailleurs, le député Aldos Ali Tshitoko a profité de l’occasion pour présenter l’importance de ladite proposition de loi aux participant de ces assisses, dont des étudiants, des membres de la société civile, ainsi que des cadres des institutions publiques.
«Cette loi vise à ce qu’on ait une réserve capable de faire face à n’importe quelle menace. Parce que la menace demain ne proviendra peut-être pas seulement du Rwanda. Nous avons neuf (9) voisins: Congo-Brazzaville, Centrafrique, Burundi, Soudan, nous devons être prêts à faire face», a-t-il expliqué.
Cet atelier organisé du 2 au 3 avril 2026, est une initiative unique destinée à promouvoir la participation politique des citoyens et à renforcer la collaboration entre la société civile et les élus du peuple en RDC. Il a réuni des députés, des citoyens engagés, des experts, des acteurs de la société civile, ainsi que des responsables ou représentants de l’exécutif aux niveaux national et local.
ACP/ODM

