RDC : « la voie de la diplomatie, expression de respect au droit international » (Ministre des Affaires étrangères)

Kinshasa, 12 décembre 2025 (ACP).- La voie de la diplomatie optée par la République démocratique du Congo face à l’agression rwandaise n’est pas un choix par défaut, mais l’expression de respect au droit international, a dit vendredi la ministre d’Etat des Affaires étrangères, lors du Conseil de sécurité consacré à la situation sécurité en RDC.

« La diplomatie n’est pas pour nous un choix par défaut. Elle est l’expression de notre responsabilité d’État et de notre respect du droit international », a déclaré Thérèse Kayikwamba, ministre d’Etat des Affaires étrangères.

« La République démocratique du Congo a volontairement choisi la voie de la diplomatie. Ce choix n’est ni une concession ni un signe de fragilité. Il reflète notre sens de responsabilité et notre foi en des mécanismes multilatéraux qui, s’ils sont pleinement assumés, peuvent encore ramener la paix », a-t-elle insisté.

Pour la ministre d’Etat, la RDC a fait ce choix parce qu’elle croit en l’engagement des États-Unis, facilitateur principal du processus de Washington, en la constance de l’État du Qatar, garant du processus de Doha et en la valeur normative du processus de Luanda, dont les principes continuent de guider l’action de l’Union africaine, désormais conduite par la République togolaise, précisant que « la RDC continue d’agir avec bonne foi ». 

Le droit international ne peut être dévoyé pour légitimer l’agression

« Nous ne pouvons accepter que la manipulation devienne un instrument de politique régionale. Les faits sont têtus, les résolutions de ce Conseil les sont davantage. La vérité n’est pas négociable et le droit international ne peut être dévoyé pour légitimer l’agression », a martelé Thérèse Kayikwamba.

Elle a rappelé les violations constatées de la résolution 2773, à l’accord du 27 juin et du 4 décembre signés à Washington, à la déclaration de principes et à l’accord cadre de Doha et aux conditions mêmes de la mise en œuvre du cadre d’intégration économique régionale aussi signée à Washington.

« Aujourd’hui, c’est la crédibilité de tous ces processus et de leurs garants qui est en jeu (…) nous arrivons à un moment de vérité. Soit l’ordre international accepte qu’il est ouvertement mis à l’épreuve par le Rwanda ou le Conseil assume ses responsabilités », a dit la ministre d’Etat des Affaires étrangères. 

« L’impunité dure depuis bien trop longtemps. Le peuple congolais ne peut subir le coût des engagements qui sont violés, des résolutions qui ne sont pas appliquées. Les faits sont clairs. Le cessez-le-feu exigé par la Résolution 2773 n’a pas été respecté. Les forces étrangères, c’est-à-dire les Forces de défense rwandaise, demeurent sur le sol congolais et des civils continuent à être ciblés. L’accès humanitaire est entravé, la désinformation est utilisée délibérément afin de faire porter la responsabilité à d’autres et de protéger les criminels », a-t-elle déploré. 

La crédibilité de tous les processus ne dépend que de principe de la redevabilité

Par ailleurs, elle a fait remarquer que la crédibilité de tous les processus, Washington, Doha et la facilitation africaine ne dépendent que d’un principe : la redevabilité. 

« Sans conséquence, les accords n’ont aucun effet. Sans conséquence, l’engrenage de la violence se poursuivra. La résolution 2773 est pourtant très claire, mais ce qui manque, c’est une application de cette résolution, sans quoi elle ne saurait dissuader la violence, mais ne fait qu’inviter à la violence. Lorsque les violations ne sont pas punies, l’impunité devient la politique », a fait savoir la ministre d’Etat congolaise.

Selon elle, la responsabilité de ce Conseil n’est pas de redire cette décision, mais de faire appliquer, la résolution 2773. 

« Une nouvelle ville est tombée, une administration parallèle s’est consolidée, des milliers de familles supplémentaires ont fui, d’autres ont été tuées, violées, terrorisées. Et même la MONUSCO, casques bleus, personnel civil, leadership, a été pris pour cible », s’est indigné Thérèse Kayikwamba. ACP/C.L.

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