Kinshasa, 15 septembre 2026 (ACP).- Le dialogue national annoncé par le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, doit contribuer à la paix et à la cohésion nationale, sans légitimer la violence armée, a déclaré mardi le président de l’Assemblée nationale, lors de la rentrée parlementaire de septembre, à Kinshasa.
« Le dialogue ne saurait être un moyen de légitimer la violence ou de récompenser ceux qui prennent les armes contre la République », a affirmé Aimé Boji, appelant à distinguer le débat démocratique du recours aux armes contre l’État.
« La démocratie nous donne le droit de nous opposer, la patrie nous interdit de nous déchirer », a-t-il déclaré, estimant que les divergences politiques ne doivent pas se transformer en conflit contre la nation.
Le président de l’Assemblée nationale a rappelé que le dialogue national, annoncé par le Chef de l’État dans son allocution du 27 août 2026, s’inscrit dans une démarche de paix, de cohésion et de refondation de l’État, tout en relevant que la RDC a déjà connu plusieurs processus de dialogue, notamment la Table ronde de Bruxelles, la Conférence nationale souveraine et le dialogue de la Saint-Sylvestre.
Ces précédentes expériences n’ayant pas empêché la résurgence des crises, M. Boji a plaidé pour un processus qui s’attaque aux causes profondes des conflits et transforme les engagements en actions concrètes.
La paix ne saurait être une capitulation
Il s’est notamment interrogé sur la pertinence d’une même table lorsque certains participants viennent avec leurs convictions et leur attachement à la patrie, tandis que d’autres maintiennent la menace armée comme moyen de pression.
« Le dialogue n’est pas une reddition. La recherche de la paix n’est pas une capitulation », a-t-il insisté.
Pour le président de la Chambre basse du Parlement, le dialogue patriotique doit privilégier « la force qui vaille, celle de la raison et du bon sens » et respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale ainsi que les institutions de la République.
« Les confessions religieuses, particulièrement les Églises catholique et protestante, sont appelées à contribuer à la construction du consensus national dans un esprit d’apaisement, de vérité et de réconciliation », a-t-il insisté.
Aux partenaires internationaux, le président de l’Assemblée nationale a demandé un accompagnement respectueux du caractère national du processus.
« Le dialogue national initié par le Chef de l’État est avant tout une initiative congolaise qui doit être conduite par les Congolais et dans le respect de notre souveraineté », a-t-il souligné.
Cette démarche concerne l’ensemble des forces politiques. Aimé Boji a reconnu à l’opposition le droit et le devoir de questionner, contrôler, critiquer et proposer, tandis que la majorité soutient et met en œuvre le programme approuvé par les électeurs.
Ces rôles différents ne doivent cependant pas empêcher majorité et opposition de se retrouver autour de l’essentiel : la République, l’unité nationale et l’intérêt supérieur du peuple congolais.
L’Assemblée nationale, reflet du pluralisme politique, doit ainsi rester un espace où les divergences s’expriment sans devenir des divisions. ACP/PM/I

