Kinshasa, 23 mars 2026 (ACP).- Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a recommandé la confiance et la transparence durant le processus du recensement général en République démocratique du Congo, selon la directrice exécutive de cet organisme, lors de la Table ronde des bailleurs de fonds tenue lundi à Kinshasa.
« Un recensement doit être conduit dans un esprit de transparence et de confiance, préservé de toute polarisation ou politisation, en particulier dans un contexte où les dynamiques électorales à venir pourraient influencer les perceptions », a dit Diene Keita, directrice exécutive du FNUAP.
La directrice exécutive de l’UNFPA a indiqué que la crédibilité du recensement repose sur son intégrité et sur la responsabilité collective. Dans cet esprit, a-t-elle dit, la localisation et l’engagement communautaire sont essentiels pour les populations qui doivent être pleinement informées et associées.
« Elles sont la condition essentielle pour ne laisser personne de côté. Un recensement est bien plus qu’un exercice technique. C’est le fondement même d’une planification efficace, équitable et durable. Dans un pays aussi vaste et diversifié que la RDC, planifier sans données fiables revient à avancer sans boussole. Le recensement ou l’enquête mère est cette boussole », a-t- elle souligné.
Pour Mme Diene Keita, en effet, « Le recensement doit être compris, approprié et porté par les communautés elles-mêmes. C’est à ce prix que la confiance sera établie. Et, c’est sur cette base que les données seront reconnues comme fiables, permettant l’élaboration de politiques publiques efficaces. Investir dans ce recensement, c’est investir dans la stabilité, la paix et la prospérité de la RDC et de toute la région ».
La directrice exécutive du FNUAP a, par ailleurs, noté que cette institution de l’ONU se tient prête à accompagner ce processus grâce à son expertise reconnue en matière de données démographiques géo-référencées, rappelant que les données ne sont pas que des simples chiffres, elles racontent des vies, rendent visibles celles et ceux qui trop souvent restent en marge.
« L’enquête mère nous indique où construire des écoles, où déployer des sages-femmes, où investir dans les infrastructures de santé, d’énergie ou d’eau. Elle permet de transformer des vies, de réduire les inégalités et de libérer le potentiel immense de la population congolaise. Derrière chaque donnée, il y a une réalité humaine. C’est toute une nation qui devient visible avec dignité, précision et équité. C’est un signal fort de volonté politique. Cependant, il existe une vigilance collective », a précisé Mme Keita.
La relance du recensement général de la population en RDC saluée
La directrice exécutive du FNUAP a salué la relance du recensement général de la population et de l’habitat pour le développement durable en RDC.
« Permettez-moi tout d’abord de saluer et de vous féliciter chaleureusement, M. le Président de la République, pour votre leadership et pour votre engagement déterminé à relancer le recensement général de la population et de l’habitat après plus de quatre décennies. C’est un moment historique. C’est un acte de souveraineté pleine et entière. C’est un choix courageux en faveur de la transparence, de l’efficacité et de la justice sociale », a fait savoir Diene Keita, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).
Pour elle, en effet, la RDC, par son contexte unique, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins entre transformation socio-économique et résilience environnementale. A l’en croire, ce positionnement place naturellement l’approche de la sécurité humaine au cœur des priorités du pays.
« Les perspectives économiques du pays, portées par des ressources considérables, restent encore largement à valoriser. La transition verte, à laquelle la RDC est appelée à jouer un rôle majeur, exige un capital humain fort, notamment une jeunesse formée, engagée et pleinement intégrée dans les systèmes économiques, sociaux et communautaires », a dit Mme Diene Keita.
Dans ce contexte, a-t-elle souligné, le recours à des données démographiques géo-référencées ouvre des perspectives considérables.
« Elles permettront de concevoir des programmes intégrés adaptés aux réalités locales et d’optimiser l’impact des investissements publics et privés », a martelé la directrice exécutive de l’UNFPA.
Mme Diene Keita a affirmé que des techno imageries satellitaires et la télédétection, déjà mises en œuvre par son organisation dans plusieurs pays, pourront être mobilisées pour renforcer la précision et la fiabilité des données en RDC. Ces approches permettront également de mieux cibler les interventions multisectorielles, notamment en les inscrivant dans une vision globale de développement humain et de consolidation de la paix.
Pour Mme Keita, le renforcement de la résilience communautaire, notamment à travers la promotion de la masculinité positive et l’engagement des hommes et des leaders religieux, constituent également un levier essentiel pour la cohésion sociale et la stabilité.
Selon elle, l’analyse des zones prioritaires croissantes, des données sur l’énergie, les infrastructures, le logement, l’éducation et la santé, permettra d’orienter de manière stratégique les investissements, notamment dans les énergies renouvelables et les services essentiels.
Cette table ronde a été placée sous le thème « Investir dans les données, investir dans l’avenir de la RDC ». ACP/JF

