RDC : le Parlement des étudiants ouvre une plénière sur 30 ans de guerre

Kinshasa, 6 octobre 2026 (ACP).- Le Parlement des étudiants a ouvert mardi à Kinshasa une plénière extraordinaire consacrée à la conscience historique, à la justice, à la mémoire et à la paix en République démocratique du Congo (RDC), sous le thème : « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité ».

« L’objectif est de regarder les trois dernières décennies de conflits en face, sans en faire un procès politique, afin de tirer les leçons de l’histoire et d’éviter que les générations futures connaissent une nouvelle décennie de guerre », a déclaré André Kakubu, président du Parlement des étudiants.

Selon lui, cette rencontre vise également à favoriser la recevabilité, le contrôle citoyen et le dialogue entre le gouvernement, l’opposition, les intellectuels et la société civile.

Intervenant à cette occasion, l’écrivain Didier Mumengi a évoqué la figure de George Washington Williams, présenté comme l’un des premiers témoins internationaux à avoir dénoncé les violences commises au Congo sous le règne de Léopold II.

« Dans ses lettres de 1890, Williams dénonçait les massacres, les razzias, l’exploitation et les brutalités infligées aux populations congolaises, allant jusqu’à parler de crimes contre l’humanité et à réclamer une enquête internationale », a-t-il indiqué.

M. Mumengi a établi un lien entre l’effacement de cette histoire et certaines difficultés actuelles de la société congolaise, estimant que les violences historiques et les traumatismes non traités peuvent laisser des séquelles durables dans la société, appelant  à une meilleure connaissance et transmission de l’histoire congolaise, qu’il considère comme une condition essentielle de la reconstruction de l’identité nationale.

Pour un « procès expiatoire » de la conscience nationale

Didier Mumengi a, en outre, proposé l’organisation d’un « procès expiatoire » autour des massacres commis en RDC, présenté non comme un tribunal de vengeance, mais comme un moyen de réappropriation de l’histoire.

« Je ne suis pas l’homme de la lamentation. Voilà pourquoi je propose à notre société d’organiser un procès expiatoire de la conscience nationale. Un procès non point comme un tribunal de la vengeance, mais un rituel cathartique de réappropriation historique autodéterminée », a-t-il déclaré.

Les participants ont été invités à placer les victimes au centre des réflexions, en recherchant la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition, dans l’objectif de contribuer à l’émergence d’une mémoire commune et à une réflexion sur l’avenir de la RDC.

ACP/ N j/O D

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