Kinshasa, 12 août 2026 ( ACP).- Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a promulgué la loi portant principes fondamentaux relatifs à la recherche scientifique et technologique en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé la cellule de communication du ministère des Relations avec le Parlement dans un communiqué parvenu mardi à l’ACP.
» Initiée en 2020 par Me Guy Loando Mboyo, alors sénateur, cette loi vient couronner un processus législatif engagé plusieurs années auparavant et vise à moderniser le cadre juridique régissant la recherche scientifique en RDC, en remplacement de celui datant de 1982″ a-t-on lu.
» Lors de son examen au Sénat, la proposition de loi avait été présentée comme une réponse à la nécessité de redynamiser la recherche scientifique congolaise, de renforcer les capacités des chercheurs et de mieux valoriser les résultats de leurs travaux », a indiqué la source.
Un nouveau cadre pour la recherche
La nouvelle législation définit notamment les principes d’une politique nationale de recherche scientifique et technologique, la coordination des activités de recherche ainsi que la mise en place de mécanismes d’encadrement, d’accompagnement et de valorisation des résultats scientifiques.
Selon le communiqué, elle entend également renforcer les liens entre les universités, les centres et instituts de recherche, les entreprises et le secteur industriel, afin de favoriser le transfert des connaissances et des innovations vers le secteur productif.
» Le dispositif prévoit ainsi de favoriser la protection, le développement et la commercialisation des innovations issues de la recherche congolaise, dans le but de contribuer davantage à la croissance économique et à la compétitivité nationale », a noté le communiqué.
Pour Me Guy Loando, actuel ministre d’État en charge des Relations avec le Parlement, cette réforme doit contribuer à faire de la RDC une puissance scientifique, technologique et économique, en plaçant la recherche et l’innovation au cœur du développement et de la souveraineté nationale.
Le financement au cœur de la réforme
La loi accorde également une attention particulière au financement de la recherche scientifique et technologique, avec l’ambition de favoriser la mobilisation des ressources publiques et privées en faveur du secteur.
Elle met aussi l’accent sur l’attractivité des carrières scientifiques, à travers l’amélioration des conditions de travail, des infrastructures de recherche et des conditions de rémunération du personnel scientifique.
Cette orientation rejoint les engagements pris par le Président Félix Tshisekedi lors du premier Conclave du génie scientifique congolais, tenu en 2023, au cours duquel il avait annoncé des dispositions visant à permettre au Fonds national pour la recherche scientifique et l’innovation technologique de bénéficier de crédits budgétaires à la hauteur des ambitions nationales.
Le conclave avait notamment recommandé de porter le budget du ministère en charge de la Recherche scientifique à au moins 7 % du budget national et d’en assurer une exécution effective.
Le Chef de l’État avait, en 2024, réitéré son appel à un accompagnement substantiel de la recherche et de l’innovation, en plaidant pour des allocations budgétaires plus ambitieuses en faveur du secteur.
La science comme instrument de souveraineté
Au-delà de la réorganisation du secteur, la réforme entend faire de la science et de l’innovation des instruments de souveraineté nationale.
Elle prévoit notamment la définition d’axes stratégiques de la politique scientifique, la promotion de la coopération scientifique, la diffusion des résultats de recherche ainsi que la création d’un environnement favorable à l’émergence et à la valorisation des innovations congolaises.
La promulgation de cette loi constitue également une nouvelle étape dans le bilan parlementaire de Me Guy Loando, qui compte désormais à son actif deux initiatives législatives majeures devenues lois, à savoir la loi sur l’aménagement du territoire et celle portant principes fondamentaux relatifs à la recherche scientifique et technologique.
Ces deux textes sont présentés comme des contributions à la modernisation du cadre juridique congolais et à la transformation des potentialités du pays en leviers de développement.
ACP/ Ns./B.

