RDC : les incidences du système de communication électorale, objet d’une thèse

M. Rémy Baruani, nouveau docteur en sciences politiques et administratives

Kinshasa, 20 mai 2026 (ACP).- Les incidences du système de communication électorale sur le taux de participation aux élections en République démocratique du Congo (RDC) ont été analysées, mercredi, lors de la soutenance d’une thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.

« En menant cette investigation, nous nous sommes focalisés d’observer systématiquement un problème empirique réel au sein de notre univers politique, la République Démocratique du Congo, marqué par la persistance de l’attitude de désintéressement des Congolais aux élections organisées au pays et la diminution continue de taux de participation électorale. Ce déclin n’est généralement pas dû à une seule cause, mais plutôt à une accumulation de facteurs structurels, conjoncturels et sociologiques qu’il fallait examiner scientifiquement », a déclaré le chef de travaux Rémy Baruani, auteur de la thèse.

Devant l’assistance, il a expliqué que la diminution des taux de participation aux différents cycles électoraux qu’a connus la RDC entre 2006 et 2023 constitue le principal problème au centre de cette étude, avant de souligner qu’un taux élevé de participation électorale demeure l’un des indicateurs de la légitimité des institutions politiques démocratiques.

« La hausse de l’abstention électorale à l’échelle nationale et au niveau de la ville province de Kinshasa suscite des interrogations croissantes sur la légitimité des systèmes démocratiques et témoigne d’une érosion progressive de la confiance envers les institutions politiques », a ajouté M. Baruani.

Intitulée « Système de communication électorale et participation électorale en RDC de 2006 à 2023 », cette étude a eu pour objectif principal d’identifier et d’expliquer les causes empiriques de la tendance décroissante du taux de participation électorale, d’en mesurer leurs impacts politiques et d’envisager des pistes pour en limiter les effets.

D’après lui, cette étude a révélé que  les processus électoraux en RDC sont marqués par des pratiques frauduleuses, de la corruption généralisée et du manque de transparence.

En réponse à ces défis, le récipiendaire a recommandé la mise en place des réformes significatives du système de communication pour renforcer l’intégrité du processus électoral et restaurer la confiance des citoyens.

« Cela pourrait inclure la révision des lois électorales pour garantir des normes équitables et transparentes, la mise en place de mécanismes de surveillance indépendants pour prévenir la fraude et la corruption, et le renforcement de la responsabilité des institutions chargées d’organiser les élections », a indiqué le chef des travaux, martelant par ailleurs, sur la nécessité d’investir dans l’éducation civique et la sensibilisation des électeurs pour renforcer leur résilience face aux pratiques électorales frauduleuses et pour promouvoir une participation démocratique informée.

« Un engagement continu de la part de la communauté internationale est nécessaire pour soutenir ces efforts de réforme et pour exercer une pression diplomatique sur les autorités congolaises afin de garantir l’intégrité et la légitimité des futures élections », a-t-il conclu.

Cette thèse a valu au candidat le grade de docteur en sciences politiques et administratives, avec mention « la plus grande distinction ».ACP/

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