RDC: les processus de paix de Washington et de Doha évoqués à la Primature

Kinshasa, 05 septembre 2025 (ACP).- Les processus de paix de Washington et de Doha ont été évoqués jeudi, lors d’une réunion à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), entre la Première ministre congolaise et le Secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, selon un communiqué.

« C’était une occasion très importante de faire le point sur l’état des processus de paix de Washington et de Doha, l’implication de l’Union africaine, les organisations régionales africaines et, bien sûr, le rôle des Nations Unies, et notamment le rôle de la Monusco », a déclaré Jean-Pierre Lacroix,  Secrétaire général adjoint de l’ONU, cité par la source.

Pour ce haut fonctionnaire des Nations Unies, cette rencontre a permis d’évaluer les initiatives de paix en cours avec l’appui des différents partenaires de la RDC.

M. Lacroix a également rassuré de l’implication de l’ONU pour l’application de la Résolution 2773 qui, du reste, a-t-il souligné, est très attendue par les Congolais.

« Nous constatons aujourd’hui que sur le terrain, la violence ne diminue pas. Elle a tendance à s’intensifier. Ça veut dire que nous devons tous ensemble redoubler nos efforts pour faire en sorte que des progrès concrets, réels, amenant la fin de la violence, un cessez-le-feu et la mise en œuvre de tous les engagements pris, la mise en œuvre de la résolution 2773, se concrétise enfin parce que les populations souffrent », a fait savoir le secrétaire général adjoint de l’ONU.

Il a aussi saisi cette opportunité pour insister sur l’aide apportée par la Monusco dans la protection de la population civile dans la partie Est de la RDC, qui est en proie à la crise humanitaire.

« La Monusco continue de travailler activement à la protection des civils, elle fait de son mieux. Il y a des centaines de milliers de civils congolais qui sont protégés tous les jours en coopération avec nos collègues humanitaires, qui ont vu malheureusement leurs ressources diminuer. Mais il faut que nous soyons en mesure de faire davantage », a ajouté Jean-Pierre Lacroix.

Je crois que le moment est venu pour une mobilisation de tous les acteurs. C’est la raison pour laquelle nous sommes convenus de renforcer notre coopération avec les autorités congolaises, avec le Gouvernement congolais, pour pousser à une application réelle sur le terrain des engagements pris de la Résolution 2773, et encore une fois, des engagements pris à Washington et â Doha. Vous pouvez compter sur les Nations Unies, vous pouvez compter sur la Monusco », a-t-il renchéri.

La RDC invitée à  plaider pour le financement continu en faveur de l’ONU

Devant la Cheffe du Gouvernement congolais, Jean-Pierre Lacroix a également épinglé les difficultés financières qui risquent de limiter l’action de l’ONU dans les initiatives de paix.

« En même temps, je ne peux pas cacher que des contraintes financières pèsent aujourd’hui sur l’Organisation des Nations Unies, le retard de paiement ou le non-paiement par plusieurs États membres de leurs contributions. Là aussi, nous avons besoin du plaidoyer de la République démocratique du Congo. Nous avons besoin de mettre à jour de manière très claire les implications que pourrait avoir cette crise de liquidité sur les efforts de paix et sur la mise en œuvre concrète des engagements », a-t-il confié.

Le diplomate onusien en a ensuite appelé à une action coordonnée pour venir en aide aux victimes.

« D’abord, il faut dire que les efforts humanitaires doivent être financés à hauteur des besoins. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, et vous avez vu les conséquences dramatiques de la baisse des ressources. Deuxièmement, les parties doivent être poussées à respecter les engagements. Dans les zones où nous avons les restrictions, nos collègues humanitaires et la Monusco ont des restrictions de liberté de mouvement, d’accès aux populations en besoin ; tout doit être fait, tous les acteurs doivent se mobiliser pour que nous puissions avoir cette liberté de mouvement et ces ressources nécessaires pour porter assistance à ces milliers de déplacés parce que c’est une situation intolérable », a-t-il  indiqué.

Le Gouvernement Suminwa qui a fait de la protection du territoire national et la sécurité ses priorités ultimes, est déterminé à mettre fin à ces violations perpétrées sur le sol congolais, par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC.

La réunion a connu la participation des vice-premiers ministres de l’Intérieur et de la Défense, du ministre d’Etat du Plan, de la ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères, du ministre des Droits humains et de celui de la Communication et médias. ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet