Kinshasa, 10 janvier 2026 (ACP).- L’expérience de la décentralisation dans les provinces du Kasaï et celle du Kasaï Central dans le centre de la République démocratique du Congo, a fait l’objet d’une thèse de doctorat soutenue samedi à l’Université pédagogique nationale (UPN) à Kinshasa.
«La gouvernance locale dans les deux provinces sœurs du Kasaï et du Kasaï Central n’est pas un franc succès à cause de l’absence d’une citoyenneté responsable. La guerre de Kamwina Nsapu accompagnée de pillages et de destructions méchantes, la non appropriation de la décentralisation par la population, le statut des évolués et de l’élite formatée à l’occidental, ainsi que la crise de moralité au sein des institutions étatiques sont autant des faits qui consacrent l’immoralité politique dans la gestion de la chose publique et handicapent tout développement durable à la base», a déclaré le chef de travaux Gaston Piema Mikobi, auteur de la thèse.Selon le récipiendaire, le tout premier pas vers le développement d’une nation commence par une décision morale et civique de qualité.
«C’est celle d’une citoyenneté responsable. Car l’histoire ne nous offre aucun exemple d’une nation qui a émergé en dehors d’une citoyenneté responsable qui se place au service de la population avec toutes ses différentes approches», a-t-il ajouté.
«Notre objectif de construire les deux Kasaï, passe par l’approche holistique qui vise la coresponsabilité en vue d’inculquer les valeurs républicaines à tous les citoyens pour enfin formater le type d’homme nouveau, un saint laïc susceptible de conduire la locomotive de la gouvernance locale», a soutenu chef de travaux Gaston Piema.Au terme de cette étude, a-t-il dit, il s’est avéré que la citoyenneté responsable est active, positive et efficace pour construire un pays moyennant les différentes approches pour une bonne gouvernance en RDC en général.
«Ainsi donc, il y a absence d’une citoyenneté responsable, on note l’absence de l’eau, le manque d’électricité, le manque des routes suite à la mauvaise gouvernance qui est à l’origine de la pauvreté qui ronge les kasaïens», a déploré le récipiendaire.
Pour lui, le partage de la frontière commune avec la République d’Angola à partir de Kalamba Mbuji pour le Kasaï Central et de Kandjadji du côté Kasaï, est un atout majeur pouvant sortir les deux provinces de l’enclavement si l’ouverture officielle de la voirie vers l’Angola s’effectuait.
Dans une ambiance conviviale, Gaston Piema a présenté son exposé, qui lui a valu le grade de docteur en sciences historiques, avec mention «la plus grande distinction».
Ce jury a été présidé par le Professeur Grégoire Mengi Kapita de l’UPN, en présence de la ministre de l’Education nationale Raïssa Malu. Cette reconnaissance honore son engagement constant au service de la communauté. ACP/C.L.

