RDC : « On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur » (Kamerhe à Kabila)

Kinshasa, 14 octobre 2026 (ACP).- L’ex-Président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a été invité à assumer son bilan de 18 ans de gouvernance, au lieu d’accuser son successeur, Félix Tshisekedi, par un ancien président de l’Assemblée  nationale, dans une vidéo consultée mercredi à l’ACP.

« Vous ne pouvez pas vous présenter aujourd’hui comme un homme étranger aux blessures de notre peuple, sans responsabilité dans ses fragilités, sans comptes à rendre sur son histoire. On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a déclaré Vital Kamerhe, en lui rappelant les missions et défis qui étaient siennes durant son règne.

Il a rappelé que Joseph Kabila avait dirigé la RDC pendant 18 ans, une période qui aurait dû lui permettre de renforcer l’armée, de consolider les institutions, de stimuler le développement et de contribuer au rayonnement de l’Afrique, compte tenu des innombrables ressources naturelles du pays et de sa position géographique stratégique, ainsi que d’assurer la protection des populations.

« Chacun de nous doit avoir la décence d’assumer sa part de responsabilité dans l’histoire tumultueuse de notre pays. Et surtout, on ne répare pas le destin d’un pays en lui imposant une nouvelle aventure armée », a-t-il insisté.

Vital Kamerhe a estimé que le peuple congolais a suffisamment payé le prix des conflits, avant de souligner que derrière chaque affrontement se trouvent des familles endeuillées, des enfants privés d’école, des femmes exposées aux violences ainsi que des compatriotes contraints d’abandonner leurs terres.

« Ceux qui prétendent agir en leur nom ont le devoir de répondre du prix humain de leurs décisions », a-t-il soutenu.

L’ancien speaker de la chambre basse du parlement a également fait valoir qu’après tant d’années de conflits, il est indispensable d’évaluer la situation avec lucidité, dans la mesure où les rébellions successives n’ont pas permis aux Congolais d’accéder à la sécurité, à la justice et à une prospérité partagée, tout en appelant à mettre fin, sans délai, à cet engrenage de violence qui continue de fragiliser le pays.

Soutien réaffirmé au Président Félix Tshisekedi

En outre, Vital Kamerhe a réaffirmé son soutien au Président de la République, Félix Tshisekedi. « Cette évolution conforte, à mes yeux, la justesse de ses mises en garde face à une menace qu’il avait identifiée », a déclaré le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC).

Il a ajouté que les énergies doivent désormais converger autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel, avant d’insister sur la nécessité de préserver l’unité et la cohésion nationales, plus que jamais essentielles en cette période d’épreuve.

Selon lui, il est également du devoir des générations actuelles de transmettre aux générations futures un pays où chacun puisse défendre ses convictions sans recourir aux armes, exercer ses droits sans craindre pour sa vie et construire son avenir sans être contraint de fuir sa terre natale.

« L’unité nationale doit rester notre bien le plus précieux. J’appelle les Congolaises et les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à une mobilisation pacifique et responsable pour refuser que les armes décident une nouvelle fois de leur avenir. La défense de la République est une responsabilité commune », a souligné ce leader politique, membre de la plateforme présidentielle Union sacrée de la Nation (USN).

Rejeter la rébellion comme d’accès au pouvoir

Par ailleurs, l’ancien président de l’Assemblée nationale, a invité la classe politique congolaise à rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir et à promouvoir la démarche pacifique de revendication de ses droits.

« Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir. Nous devons mettre fin à ce cycle interminable de conflits suivis de dialogues, en espérant que celui que nous tiendrons sera le dernier et qu’il jettera véritablement les bases du développement de notre pays », a martelé, ajoutant que la RDC a besoin de paix, de cohésion nationale et de l’amorce de son développement.

« Elle a besoin de femmes et d’hommes capables de dépasser leurs intérêts personnels pour préserver l’essentiel : la Nation congolaise, son unité et son intégrité territoriale. Elle a besoin, en somme, d’être un pays où les quelque 450 ethnies qui le composent vivent ensemble dans la paix, la convivialité et le respect mutuel », a-t-il conclu.

ACP/N./K.

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