RDC : plaidoyer pour la transformation locale des minéraux

Kinshasa, 13 décembre 2025 (ACP).- La transformation locale et le développement des chaînes de valeurs des substances minérales en  République démocratique du Congo (RDC) a fait l’objet d’un plaidoyer, samedi à Kinshasa, lors d’un atelier scientifique, afin de promouvoir l’industrialisation.

« Selon les études de plusieurs institutions internationales, le coût de production des produits finis serait moins coûteux que dans d’autres pays. (…) Notre pays devrait être choisi par la majorité des autres pays investisseurs dans ce secteur pour que l’exploitation et la transformation se fassent dans notre pays. Et comme nous ne faisons que l’extraction, nous n’aurons qu’accès à 10% de cette valeur, et 90% qui en bénéficient, tous les pays étrangers dans lesquels se font les transformations de ces ressources minérales », a plaidé le député national Thierry Mulumba, initiateur de la proposition de loi « Mpandanjila », visant la promotion de l’industrialisation du pays.

D’après lui, la vraie richesse de la RDC se trouve dans la transformation des minerais et non dans la réserve des matières premières.

« Voilà où se trouve la vraie richesse. Elle est dans la transformation, non dans les réserves des minerais comme ça. Et c’est ce qui explique que malgré nos ressources importantes en minerais, nous n’avons assez qu’à une faible valeur de ces minerais. Et de là, nous devons comprendre que, pour la RDC, la stratégie doit être de passer à la transformation de nos minéraux, pas simplement rester dans l’extraction. Qu’il  y ait des politiques publiques appropriées, qui vont changer dans différents secteurs, pour que cela puisse être transformé en richesses, les ressources minérales », a-t-il ajouté.

Pour étayer son argumentaire, l’élu du territoire de Demba, dans la province du Kasaï-Central, a mis en avant la position qu’occupe la RDC dans la transition énergétique et numérique grâce à ses ressources minérales.

« Le cobalt utilisé dans le monde +70%+ est produit par la République démocratique du Congo. En dehors du cuivre et du cobalt, il y a d’autres ressources naturelles. Dans le pays record, le lithium, le germanium, le manganèse, l’éthane, le nickel, le chrome… tous ces minéraux sont importants pour la transition énergétique et numérique. Et RDC occupe une position unique », a-t-il indiqué, avant d’alerter que si les pays producteurs du cuivre n’augmentent pas leur production, le monde se retrouvera d’ici 2030 avec un déficit de 4 millions de tonnes.

Abordant la thématique ’’Métaux stratégiques et enjeux climatiques : défis et opportunités pour la RDC’’, le Prof. Claude Sumata a appelé à la spécialisation de la RDC dans le traitement des intrants nécessaires au lithium et des véhicules électriques.

« Comme on l’a relevé plus haut, dans le cadre de la transition énergétique et écologique, les pays en développement, à l’instar de la RDC et de la Zambie, devront se spécialiser davantage dans la production, mais surtout le traitement des intrants nécessaires à la production des batteries au lithium et des véhicules électriques », a-t-il dit.

Par ailleurs, le prof. Samuta a martelé sur le recours aux capacités managériales et aux compétences techniques extrêmes des entreprises dominantes du sous-secteur, afin de créer des synergies favorables au profit de toutes les entités impliquées dans le processus de transition verte dans l’optique d’un jeu gagnant-gagnant.

ACP/UKB

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