Kinshasa, 14 octobre 2026 (ACP).- Plusieurs cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et proches de Joseph Kabila ont annoncé leur démission ou désolidarisation de sa nouvelle orientation, rejetant le recours à la lutte armée, réaffirmant leur attachement aux voies constitutionnelles, selon des déclarations recensées mercredi par l’ACP.
Patrick Nkanga Bekonda a annoncé sa démission du PPRD, mettant fin à ses responsabilités au sein du parti, notamment à celle de rapporteur du Bureau politique. Militant depuis 2006, il évoque des raisons personnelles et souhaite s’accorder « un temps de réflexion et de méditation » avant de définir sa nouvelle orientation politique. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, il entend contribuer à une alternative fondée sur des valeurs « patriotiques, pacifiques et républicaines ».
Théophile Mbemba, ancien gouverneur de Kinshasa et ancien ministre de l’Intérieur, s’est également désolidarisé de Joseph Kabila. Avec son parti, l’Alliance pour l’alternance et le progrès (AAP), il prend ses distances avec le mouvement « Sauvons la RDC », en raison du choix de la voie militaire par l’ancien président. Il affirme que ni son parti, ni ses membres, ni lui-même ne sont associés « ni de près ni de loin » à cette option, qu’il juge contraire à ses convictions républicaines et chrétiennes.
Un autre cadre de l’ancien parti présidentiel, India Omari, a exprimé son désaccord avec les orientations qui s’éloignent de ses convictions. Dans un message publié sur X, il estime que « la fidélité à ses convictions impose de se dissocier de certaines orientations », tout en réaffirmant son engagement pacifique et son attachement à la Constitution.
Dans une lettre datée du 12 octobre 2026, Allegra Fosh Ngalula a également annoncé sa démission du PPRD avec effet immédiat. Elle refuse d’être associée à toute initiative visant à « perturber la paix » ou à « déstabiliser les institutions ».
Cadre du PPRD, l’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, a également pris ses distances avec Joseph Kabila, après l’avoir servi, selon ses propres termes, « avec respect, conviction et loyauté » pendant une dizaine d’années. Elle rejette le recours à la lutte armée et affirme vouloir poursuivre son combat dans l’opposition, à Kinshasa et à « mains nues ». Elle plaide pour un dialogue « franc, inclusif et constructif ».
Aristote Ngarime, communicateur du PPRD, s’est explicitement désolidarisé des prises de position de l’ancien président liées au nouveau mouvement politico-militaire. Réaffirmant son attachement à la Constitution du 18 février 2006 et aux lois de la République, il déclare : « Je suis contre la rébellion ».
Marley Vuvu, membre du Mouvement des révolutionnaires congolais (MRC), a également annoncé sa désolidarisation de Joseph Kabila dans une déclaration faite à Kinshasa le 12 octobre. Il estime que les prétendants au pouvoir doivent privilégier les voies constitutionnelles plutôt que de « prendre les armes au risque de sacrifier des milliers de Congolais ».
Arlette Odia a, pour sa part, annoncé sur les réseaux sociaux la fin de son appartenance à la famille politique de l’ancien chef de l’État. « Tout a un début et une fin », a-t-elle écrit, estimant que la création d’un mouvement armé par Joseph Kabila marquait une rupture politique. Présidente de la CDUC/Asbl, elle a également annoncé la reprise des activités de son organisation, qu’elle présente comme une structure pacifique, autonome et respectueuse de la Constitution. ACP/P M

