Kinshasa, 23 juin 2026 (ACP).- La nécessité d’adapter la Constitution de la République démocratique du Congo aux réalités d’un pays confronté à la guerre et à une insécurité persistante a été défendue mardi à Kinshasa, par un député national Olivier Katuala, lors d’un entretien.
« Nous sommes un pays en guerre », a déclaré l’élu de la circonscription de Lukunga, estimant que la Loi fondamentale doit être adaptée aux exigences actuelles afin de permettre à l’État de répondre efficacement aux impératifs de souveraineté, de défense nationale et de développement.
Selon ce parlementaire de la majorité présidentielle, le débat sur la réforme constitutionnelle ne devrait plus se limiter à des ajustements techniques, il devrait intégrer la réalité sécuritaire que traverse la RDC depuis plusieurs décennies, particulièrement dans sa partie orientale. Pour lui, tant que la Constitution ne prendra pas pleinement en compte cette situation, les institutions demeureront insuffisamment outillées pour faire face aux défis de souveraineté nationale.
Dans cette perspective, M. Katuala, a plaidé pour une révision des dispositions intangibles de l’article 220 afin de permettre une réorganisation de l’architecture institutionnelle orientée vers deux priorités stratégiques : la sécurisation du territoire national et l’accélération du développement économique et social.
Un exécutif renforcé et des institutions rationalisées
Parmi les réformes proposées figure le renforcement du pouvoir exécutif à travers un système présidentiel plus affirmé.
Le Chef de l’État disposerait d’une plus grande latitude dans la nomination du Premier ministre et des membres du Gouvernement afin de garantir une meilleure coordination de l’action publique et une prise de décision plus rapide face aux crises sécuritaires.
L’élu de Lukunga a suggéré également une rationalisation du système électoral. Tout en maintenant l’élection du Président de la République et des députés nationaux au suffrage universel direct, il a préconisé la suppression des élections provinciales et locales. Les gouverneurs seraient nommés par le Président de la République, tandis que les responsables des entités locales seraient désignés au niveau provincial.
Selon lui, cette réforme permettrait de réduire significativement les coûts électoraux et de réorienter davantage de ressources vers la défense nationale, la sécurisation de l’Est du pays, les infrastructures, l’éducation et la santé.
Proposition d’un allongement des mendiants politiques
Olivier Katuala a proposé également un allongement des mandats politiques, estimant que les cycles électoraux rapprochés favorisent l’instabilité et limitent la mise en œuvre de politiques publiques de long terme, avant d’évoquer notamment des mandats de sept ans renouvelables une seule fois ou un mandat unique plus long.
La réforme envisagée touche aussi le secteur judiciaire.
Le député national a plaidé pour un renforcement du Conseil supérieur de la magistrature afin d’améliorer la lutte contre l’impunité, les atteintes à la sûreté de l’État et les actes susceptibles de compromettre la sécurité nationale, avant de recommander par ailleurs un encadrement plus rigoureux des partis politiques afin de réduire la fragmentation de l’espace politique congolais.
Au niveau provincial, il a suggéré la suppression des Assemblées provinciales et le renforcement des mécanismes de contrôle assurés notamment par l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes.
ACP/P M

