Kinshasa, 16 octobre 2026 (ACP).- Des sanctions de l’Union européenne (UE) contre les responsables de la déstabilisation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment Joseph Kabila et les responsables rwandais soutenant le Mouvement du 23 mars (M23), ont été réclamées par le député européen Elio Di Rupo dans une déclaration publiée vendredi.
«Les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes. L’Europe ne peut rester silencieuse», a-t-il indiqué, appelant l’UE à renforcer son engagement en faveur de la paix et de la sécurité dans l’Est de la RDC, à l’issue d’une rencontre avec le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni.Au cours de cette rencontre, le ministre a expliqué «avec beaucoup de précision la situation dramatique dans l’Est de la RDC et les enjeux de ce conflit qui ravage le pays depuis plus de 30 ans», a rappelé M. Di Rupo.
«Le bilan humain est terrible : des millions de morts, 18,5 millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire et des millions de déplacés», a fait savoir le député européen, indiquant que la situation s’aggrave encore avec l’entrée en scène de l’ancien président Kabila, qui «prend la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire intégrant le M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda».
Ce responsable politique européen a également mis en cause les intérêts économiques liés à la guerre dans l’Est de la RDC, notamment l’exploitation des ressources minières congolaises.
«Selon les experts de l’ONU, le M23, avec le soutien du Rwanda, pille les ressources minières congolaises», a-t-il affirmé, précisant que les minerais sont acheminés illégalement vers le Rwanda, mélangés à sa production, puis revendus à l’étranger, notamment sur les marchés européens.
«Ce pillage profite économiquement au Rwanda et finance les groupes armés. Il constitue un enjeu stratégique majeur pour le régime de Paul Kagame», a poursuivi Di Rupo.
L’Europe appelée à agirFace à cette situation, il a estimé que l’Europe ne peut rester indifférente à la crise congolaise, malgré l’attention légitimement accordée à la guerre en Ukraine.
«Si la guerre en Ukraine mobilise légitimement notre attention, cela ne justifie aucun deux poids, deux mesures. Notre solidarité ne peut être à géométrie variable !», a-t-il insisté.
Avec Hilde Vautmans et Lydia Mutyebele, une députée fédérale belge d’origine congolaise, ils appellent l’Union européenne à «sanctionner les responsables de la déstabilisation, dont Joseph Kabila et les responsables rwandais soutenant le M23», à «faire respecter les accords de paix et la souveraineté congolaise», ainsi qu’à «renforcer l’aide humanitaire et la traçabilité des minerais».
Les trois responsables ont également annoncé leur intention de demander que le président congolais Félix Tshisekedi puisse s’exprimer devant les députés européens réunis à Strasbourg.
«Le peuple congolais a droit à la paix, à la sécurité et à la même considération que toutes les victimes de guerre !», a-t-il conclu. ACP/

