Kinshasa, 06 août 2025 (ACP).- Un protocole d’accord a été signé entre la Coordination nationale du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) et le Programme national de santé mentale (PNSM) pour la prise en charge psychosociale des ex-combattants et de leurs communautés d’accueil, a appris mercredi l’ACP, des organisateurs.
« Cet acte dépasse un cadre administratif. C’est un engagement politique fort, une réponse humaine structurante et une avancée stratégique dans l’architecture nationale de paix », a expliqué le professeur Jean de Dieu Désiré Ntanga coordonnateur national du P-DDRCS, dans son discours.
Selon le numéro 1 de cette structure de la Présidence de la République, ce protocole s’inscrit dans la vision du Président Tshisekedi, président du comité de pilotage du P-DDRCS, pour qui la cohésion sociale et la restauration de la dignité individuelle et collective sont des piliers non négociables de la stabilisation durable.
« Il ne peut y avoir de relèvement sans soins des blessures invisibles, pas de paix durable sans bien-être mental », a-t-il mentionné.
Le Professeur Ntanga Ntita s’est dit convaincu que ce protocole avec le PNSM établit une base institutionnelle pour intégrer systématiquement la santé mentale et le soutien psychosocial à toutes les étapes du processus DDRCS, du désarmement à la réinsertion, et du relèvement à la stabilisation.
« La paix n’est pas seulement l’absence de conflit, elle est aussi la présence d’un équilibre intérieur, d’un soutien adéquat et d’un cadre communautaire promoteur », a-t-il souligné.
Ce n’est qu’ainsi, a-t-il insisté, que nous pourrons prévenir les rechutes, briser les cycles de stigmatisation et bâtir une paix enracinée car, la santé mentale n’est pas non plus l’absence de maladie. C’est la Capacité d’un individu à se reconstruire, à se relier, à espérer. C’est également une infrastructure de paix intérieure et collective. Sans elle, il n’y a ni développement durable, ni stabilisation réelle.
Le coordonnateur national du P-DDRCS a lancé un message fort aux ex-combattants démobilisés et à leurs proches, les appelant à rejoindre ce processus et à y faire foi.
« Vous n’êtes pas seuls, la République vous tend la main, le P-DDRCS est à vos côtés non pour vous juger mais pour vous relever. Prenez part à ce nouveau contrat de confiance. La paix commence à la maison et c’est ensemble que nous la consoliderons », a-t-il dit.
Travaillez ensemble!
Pour sa part, Docteur Gédéon Nsamba, directeur national du PNSM et soutien psychosocial, a noté que cette collaboration institutionnelle représente bien plus qu’un simple accord administratif.
Il a, en effet, révélé que « plus de 40% des ex-combattants souffrent de stress post-traumatiques et de dépression et la communauté en stigmatisant ses propres enfants ne connaît pas la cohésion sociale ».
C’est ainsi, a-t-il souligné, que, pour transformer cette situation, ces deux programmes n’agiront plus côte à côte mais comme deux bras d’un seul corps.
Ce haut fonctionnaire de l’administration publique est d’avis que sans la santé mentale et soutien psychosocial, aucun DDR ne sera durable. Pour lui, aucune stabilisation durable ne peut s’édifier sur des esprits brisés et des communautés fracturées et, la santé mentale n’est pas une option mais une nécessité absolue pour la reconstruction nationale
« Nous avons scellé une promesse, celle que la paix durable en RDC passera désormais par la guérison des esprits, le désarmement, le relèvement communautaire et la stabilisation », a conclu le Dr Gédéon Nsamba.
ACP/UKB

