Kinshasa, 10 août 2026(ACP).- Un titre de Docteur honoris causa en relations internationales a été décerné à la Première ministre de la en République démocratique du Congo lundi, lors d’une cérémonie organisée à l’Université de Kinshasa (Unikin), en reconnaissance de son parcours d’exception marqué par l’intégrité et la rigueur scientifique
« Le jury a procédé à l’examen, l’argumentaire présenté par M. le professeur, Pascal Kapagama concernant Mme la Première ministre Judith Suminwa (…) en vue de l’obtention du grade de Docteur honoris causa (…), décernons à la candidate précitée le grade de docteur honoris causa, en foi de quoi nous lui remettons le présent diplôme et les insignes de l’université et déclarons qu’elle a la jouissance de tous les droits et avantages attachés au grade académique conformément à l’ordonnance loi dont référence si haut », a indiqué le professeur Jean -Marie Kayembe, recteur de l’Unikin.
De son côté, la Première ministre, Judith Suminwa a abordé dans sa leçon inaugurale, lors de cette cérémonie, la thématique « Pays au carrefour des enjeux géographiques du monde».
« Pays au carrefour des enjeux géostratégiques du monde, tel est le titre de cette leçon inaugurale. Vous souhaitez m’accorder ce titre du Docteur honoris causa en relations internationales, à un moment où, justement, notre pays est au carrefour des enjeux et d’une stratégie de premier plan pour son avenir », a-t-elle dit.
La Cheffe du gouvernement a indiqué que les relations internationales ne se résolvent pas à une observation folle des rapports à l’ère du multilatéralisme, ponctué des conflits militaires et des tentatives de recomposition territoriale et géostratégique.
« Notre pays peut paraître perçu comme une simple barrière de l’injustice du monde (…) Dès la Constitution, la RDC a toujours été un acteur international de premier plan à la compréhension des enjeux de l’histoire et de l’économie mondiale », a dit Mme Suminwa.
Elle a rappelé que les industries textiles et automobiles du 19ème siècle ont bénéficié du coton et du caoutchouc ainsi que de l’énergie électrique avec le cuivre et l’automate du Congo.
« Les industries informatiques, nucléaires, aérospatiales avec le diamant et l’or. Et l’économie post-industrielle a donné lieu à la révolution numérique actuelle, avec le coltan, les terres arables et les métaux critiques tant convoités », a-t-elle ajouté.
La Première ministre a dédié ce titre au peuple congolais et aux femmes résilientes, avant de rendre hommage au Chef de l’Etat. « Je dédie cette distinction au peuple congolais et particulièrement à la résilience des femmes qui portent au quotidien le destin de notre patrie. Je pense à celles qui enseignent, qui recherchent, qui soignent, qui entreprennent, qui cultivent nos terres, qui innovent, qui éduquent nos enfants et qui, souvent dans l’ombre, portent le poids du quotidien familial avec courage et dignité », a-t-elle déclaré.
La RDC second poumon écologique de l’Atlantique, à l’ère des enjeux écologiques
La Première ministre a poursuivi qu’aujourd’hui, à l’ère des enjeux écologiques et environnementaux, avec le bassin du Congo, la RDC pays-solution, constitue le second poumon écologique de l’Atlantique après l’Amazone.
« Mais le Congo, c’est aussi et d’abord un peuple connu pour son dynamisme, pour sa résilience évoluant avec dignité dans sa diversité ethnique et dans sa tolérance historique légendaire (…) permettez-moi de rappeler que notre influence ne repose pas uniquement sur nos ressources naturelles ou notre position géostratégique. Elle s’appuie également sur la force de notre culture, qui constitue l’un des leviers les plus puissants de notre soft point », a-t- elle dit.
Dans la dynamique impulsée par le chef de l’État, a-t-elle poursuivi, la relance de la diplomatie s’est accompagnée de la montée en puissance de la diplomatie d’influence dans un monde qui évolue sous le signe de la recomposition des équilibres de puissance et l’intensification des rivalités narratives.
« En tout cas, sous notre gouvernement, la diplomatie d’influence s’est imposée comme un levier stratégique majeur de notre politique étrangère. En ce moment même, nous avons projeté notre compatriote Juliana Amato-Lumumba à l’assaut de l’Organisation internationale de la francophonie, que nous pensons être en droit de diriger en tant que pays avenir de la langue française », a renchérit la Cheffe du Gouvernement.
Parcours de la Première ministre
Titulaire d’un master en Economie appliquée, option gestion financière, de la faculté économique de Mons (Belgique), et d’un diplôme d’études spécialisées sur le travail dans les pays en voie de développement, la Première ministre a démontré un parcours riche à travers un passage marquant au sein d’organismes internationaux majeurs, notamment HCR, Pnud et d’autres.
Elle mettra ensuite son expertise au service du Gouvernement congolais, au cabinet du ministre du Budget, avant de rejoindre la présidence de la République comme coordonnatrice adjointe du Conseil présidentiel de veille stratégique (CPVS), puis nommée ministre d’Etat du Plan au sein du Gouvernement Sama Lukonde II.
Le 1er avril 2024, elle est nommée Première ministre, Cheffe du Gouvernement. C’est le 13 juin de la même année qu’elle prend officiellement fonction après l’approbation par l’Assemblée nationale de son Programme d’action (PAG 2024-2028), devenant ainsi la Première femme à occuper cette fonction dans l’histoire du pays.
Le jury examinateur de cette cérémonie a été composé de professeure Marie-Thérèse Kenge, présidente du jury ; professeure Ibebeke Bomangwa, secrétaire du jury ; professeur Bongui Efonda, promoteur ; professeure Tshishana Mapendo, co-promotrice et professeur Kabanda Matanda, membre effectif ainsi que d’autres professeurs.
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