Kinshasa, 28 septembre 2026 (ACP).- Le Sénat de la République démocratique du Congo a envoyé à sa commission socio-culturelle, le projet d’un texte de loi portant protection des drépanocytaires sur toute l’étendue du territoire national, au cours de la troisième séance plénière de la session parlementaire de septembre 2026, a constaté l’ACP.
«Il apparaît plus qu’urgent de combler le vide juridique qui renddifficile la protection efficace des drépanocytaires, laprévention de cette maladie et sa prise en charge adéquate en RDC. Nous accordons ainsi un délai de cinq jours à la commission permanente socio-culturelle pour un examen approfondi de la proposition de loi portant lutte contre la drépanocytose en République démocratique du Congo», a déclaré le Jean-Michel Sama Lukonde, président de laChambre haute du Parlement.
Cette proposition de loi, comme l’indique son exposé des motifs, organise notamment la mise en place d’un cadreinstitutionnel et des mécanismes de financement adaptés à lalutte contre la drépanocytose ; le renforcement de la prévention en rendant obligatoire et gratuit le dépistage en phase néonatale jusqu’à 18 ans avant le mariage, tout en intégrant les campagnes de sensibilisation ; l’amélioration des mécanismes de prise en charge et de protection des drépanocytaires, notamment dans les écoles, universités, confessions religieuses et milieux professionnels.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la RDC occupe la troisième place des pays les plus touchés par la drépanocytose au monde après l’Inde et le Nigéria.
Aussi, les statistiques du ministère congolais de la santépublique indiquent qu’environ 30% de Congolais sont porteurs du gène «S» transmetteur de la maladie.
Ce taux préoccupant,poursuit la source, justifie les nombreuses unions à risque etpar conséquent la naissance accrue des enfants anémiquessur le territoire national.
«Entre 60 et 70% des enfants drépanocytaires meurent précocement, souvent avant l’âge de 5 ans et environ 5% de femmes drépanocytaires enceintes meurent pendant la grossesse ou durant le travail de l’accouchement», a-t-on noté.
En RDC, la prévention et la prise en charge de la drépanocytose demeurent limitées en raison de l’accès insuffisant auxtechniques et traitements appropriés et innovants, à en croireplusieurs spécialistes.
Certains pays disposent déjà des instruments juridiques et des techniques avancées telles que la greffe de la moelleosseuse et développent des approches thérapeutiquesinnovantes et les capacités de dépistage. ACP/C.L.

