Kinshasa, 19 mai 2026 (ACP).- Des instructions fermes du Président de la République ont été données au Gouvernement pour stopper la propagation de la maladie à virus Ebola, qui a resurgi dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une réunion de crise présidée lundi à Kinshasa, selon un communiqué reçu mardi à l’ACP.
«Face à cette situation, le Chef d’Etat a instruit les membres du gouvernement à prendre les mesures urgentes nécessaires, afin de circonscrire la pandémie dans les zones affectées et de couper la chaîne de propagation par des mesures sanitaires adaptées», a indiqué le ministre de la Santé publique, cité dans le communiqué de la Présidence congolaise.
«Le Président de la République dit suivre de près la situation et appelle la population au calme et l’invite à observer des mesures barrières», a ajouté la source, précisant qu’au cours de cette réunion, le Chef de l’Etat a reçu le rapport préliminaire du ministre de la Santé publique, Dr Roger Kamba, de retour de la province de l’Ituri, épicentre de cette épidémie.
Il ressort de ce rapport que six zones de santé sont actuellement touchées, à savoir : Mongbwalu et Rwampara, épicentres de l’épidémie en Ituri, Bunia et Nyankunde dans la même province ainsi que Butembo-Katwa et Goma au Nord-Kivu.
Selon le même rapport, 513 cas suspects sont déclarés et 131 décès enregistrés dans les zones affectées.
«Il s’agit de décès suspects, et des investigations sont en cours pour déterminer lesquels sont effectivement liés à la maladie», a précisé le ministre de la Santé publique.
Activation du protocole médical contre Ebola
En attendant une réponse médicale appropriée à la variante de cette épidémie d’Ebola, le Docteur Muyembe a été particulièrement instruit d’activer le protocole médical utilisé contre les épidémies précédentes.
Le directeur général de l’INRB a indiqué que le séquençage complet du génome viral confirme qu’il s’agit d’une variante Bundibugyo génétiquement distincte des épidémies précédentes de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, précisant que cette variante ne dispose d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé.
Au cours de cette réunion de crise, la Première ministre Judith Suminwa ainsi que le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, ont également pris part à cette réunion.
La RDC a déjà fait face à plusieurs flambées de la maladie à virus Ebola, notamment dans les provinces de l’Équateur, du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Grâce à l’expérience acquise dans la gestion des précédentes épidémies, les autorités sanitaires congolaises ont souvent mis en place des dispositifs de riposte rapide basés sur l’isolement des cas, le suivi des contacts et l’application stricte des mesures barrières. ACP/Ngoy

