Kinshasa, 7 mai 2026 (ACP).- Le ministre conseiller à l’Ambassade de la République démocratique du Congo (RDC) à Berne, en Suisse, a soutenu la révision constitutionnelle et n’a pas exclu le maintien de l’actuel Chef de l’Etat au pouvoir, a appris l’ACP jeudi dans un entretien
« Tant qu’un Chef de l’État conserve la confiance majoritaire du peuple et demeure engagé dans la défense des intérêts supérieurs de la Nation, il est légitime que le peuple puisse librement décider de la continuité de son leadership », a confié Me Jean-Pierre Yodi.
Pour ce diplomate, « dans toute démocratie authentique, le dernier mot appartient au peuple ».
Il a, à cet effet, proposé l’organisation d’un référendum populaire, comme mécanisme démocratique légitime pour décider si le Président peut briguer un nouveau mandat.
M. Yodi estime que la Constitution de 2006, révisée en 2011, a montré « plusieurs insuffisances majeures ». Il pointe d’abord le régime semi-présidentiel, qui « engendre un dysfonctionnement institutionnel permanent en affaiblissant l’autorité de l’État et en accordant une influence excessive aux partis politiques ».
« Dans un pays-continent confronté aux menaces sécuritaires, au sous-développement et aux ingérences étrangères, l’État doit être fort, stable et cohérent», a-t-il dit.
Le régime présidentiel serait, selon lui, « le mieux adapté à la réalité congolaise ».
« Il permettrait une meilleure stabilité institutionnelle, une rapidité dans la prise des décisions stratégiques, une clarification des responsabilités devant le peuple souverain et un renforcement de l’autorité de l’État. Le Président, élu par le peuple, doit disposer des moyens politiques et institutionnels nécessaires pour appliquer pleinement son programme », a renchéri le ministre conseiller.
Sur la limitation des mandats, le diplomate considère que la question du nombre de mandats ne devrait jamais primer sur celle de la confiance populaire, de la stabilité nationale et de la continuité du développement.
Élections de 2028 : la paix d’abord
Le ministre conseiller a jugé « contradictoire » l’idée d’organiser des élections pendant qu’« une partie du territoire national demeure occupée ».
« Le Président de la République est le garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. Avant toute échéance électorale, la priorité absolue doit être la libération totale des territoires occupés, la restauration de l’autorité de l’État et la sécurisation des populations », a-t-il soutenu.
Il s’est dit, par ailleurs, favorable au dialogue prôné par le Chef de l’Etat. ACP/JF

